A peine remis de sa dernière virée qu’Indiana Jones doit à nouveau remettre son Fedora pour repartir à l’aventure. Cette fois, direction Rome pour retrouver une mystérieuse dague pour le compte du Père Ricci flanqué de son perroquet Pio.
C’est au Vatican que vous trouverez l’homme d’église qui va vous mandater pour retrouver la célèbre dague d’or de Mithra. Pour quelle raison ? Vous le découvrirez au bout des 5 heures nécessaires pour boucler l’aventure qui vous mènera à Rome, que ce soit à travers ses souterrains, ses jolies rues pavées ou ses temples enfouis. S’inscrivant dans la droite lignée du Cercle des Anciens, L’Ordre des Géants peine cependant à convaincre à cause d’un scénario peu intéressant s’appuyant sur très peu de personnages et une intrigue plus occupée à enchaîner les énigmes qu’à étoffer son propos. Ainsi, malgré quelques cinématiques éparses et plusieurs petites touches d’humour typiques du personnage (la scène avec Mussolini, la lettre d’amour), on a bien du mal à s’intéresser à l’histoire qui s’appuie une fois encore sur d’innombrables documents à dénicher (plus d’une centaine), étoffant le lore mais de façon un peu artificielle.
De fait, plus on avance dans ce contenu et plus le scénario se délaye au profit de le l’exploration, de l’action et de la réflexion à travers plusieurs puzzles toujours aussi bien pensés. Malheureusement, certains d’entre eux s’avèrent assez agaçants à cause d’un gameplay mal pensé, écueil qu’on trouvait déjà dans le jeu de base. Plus qu’un long discours, prenons l’exemple de l’énigme du Croisé nous demandant de reconstituer des scènes en tournant des mécanismes sphériques. Chaque scène étant associée à un document qu’on a dans notre inventaire, on devra, tout au long de la résolution du puzzle, revenir dans ce dernier, ceci nous faisant tomber des mains le spectre servant à activer lesdits mécanismes, lire le document (après avoir effectué deux, trois manipulations pour y accéder), reprendre le spectre, activer le mécanisme et ainsi de suite. Très rapidement usant d’autant qu’il aurait été intéressant d’avoir une vue d’ensemble des énigmes pour un meilleur confort.
Au-delà de cet aspect, on notera également des décors toujours aussi maîtrisés (autant pour ce qui est des effets de lumière que de la composition des plans) et très raccords avec ce que nous trouvions dans les précédentes aventures du professeur Jones. Paradoxalement, ce côté référentiel joue contre L’Ordre des Géants dont l’intrigue et la progression semblent totalement balisées en ne voulant jamais dévier d’un certain cahier des charges. Très « contractuel », le contenu affiche pourtant quelques passages inspirés avant de revenir à quelque chose de trop consensuel gravitant autour du culte dont, il faut l’avouer, nous n’avons pas grand-chose à faire. Sur la forme, le jeu est toujours aussi attrayant grâce à des décors assez classiques (catacombes, palais, égouts…) mais parfaitement mis en valeur. Sur le fond par contre, MachineGames semble avoir eu beaucoup de mal à proposer quelque chose de suffisamment frais pour vraiment impliquer le joueur. S’il n’est pas surprenant de retrouver les défauts de l’œuvre originale (IA toujours aussi perfectible, difficulté quasi inexistante jusqu’au mode Difficile, ergonomie pas toujours optimale), on sera au contraire déçu de ne pas autant vibrer que dans le jeu de base, la faute à un manque d’originalité de la part du studio.





Après une aventure originale aussi réussie, on était en droit d’attendre un DLC à sa mesure. Bien que MachineGames ait repris à l’exact les éléments faisant le succès d’Indiana Jones et Le Cercle Ancien, le tout est une semi réussite. Entre un scénario n’arrivant jamais à impliquer le joueur, des problèmes non résolus (IA, visibilité et lourdeur de certaines énigmes) et des décors, certes très beaux mais offrant malheureusement une forte impression de déjà-vu, on aura du mal à être véritablement enthousiaste avec cette extension qui aurait davantage eu sa place en tant que mission secondaire du jeu de base.










