Iconisé à travers sa violence et son gore outrancier, Mortal Kombat aura toujours réussi à se démarquer de ses concurrents par ses partis-pris radicaux et son lore qui s’étoffera d’épisode en épisode. Si le film de 2021 essayait lui aussi d’apporter sa pierre à l’édifice, via notamment un nouveau personnage, cette suite lorgne davantage vers quelque chose de plus basique centré autour d’un énième tournoi. Une idée à saluer pour un résultat qui déçoit malheureusement presque autant que le précédent volet.
Etrange film que Mortal Kombat II qui ne semble jamais vraiment savoir où se situer ni quoi raconter. Ainsi, entre son envie de centrer une partie de l’intrigue autour de Johnny Cage et celle de vouloir approfondir l’histoire de l’Outworld via la relation entre Shao Kahn et Kitana, le tout oscille constamment entre des passages comiques (qui peinent à faire décrocher quelques sourires), des moments plus sérieux, le tout étant lié par des affrontements où les gerbes de sang giclent à tout-va histoire de rappeler où nous sommes. Rajoutez-y une bonne louche de fan service (principalement dans ses décors renvoyant à plusieurs stages des jeux) et vous obtenez une suite essayant de ne pas reproduire les erreurs du précédent film tout en en faisant de nouvelles. Trop bavard, n’arrivant pas à maitriser son rythme, usant maladroitement de certaines techniques, l’ensemble manque d’énergie en ne trouvant jamais un ton qui lui va.
Ainsi, à l’instar du précédent volet, ce Mortal Kombat II accumule les personnages mais plutôt que d’assumer son aspect décérébré en les mettant face à face pour les bastons que nous sommes en droit d’attendre, l’histoire essaie de leur donner un peu d’épaisseur sans jamais y parvenir et en laissant, logiquement, certains d’entre-eux sur le bas-côté. Si Jax et Sonya ont à peine le droit à deux ou trois lignes de dialogue, le scénario essaie tant bien que mal de faire de Jade (la sensei de Kitana) une sorte de joker pour la guerre à venir mais sans lui donner vraiment le temps d’exister par elle-même. De l’autre côté, Liu Kang promu nouveau Champion de la Terre, affronte Kung Lao, l’ancien Champion, revenu d’entre les morts. S’intègrent là-dedans Kano, toujours aussi insupportable et au rôle très mal défini, et le nécromancien Quan Chi qui traverse le film tel un fantôme. J’éviterai également de trop m’appesantir sur Baraka qui devient ici une sorte de bouffon se prenant d’affection pour Johnny Cage. Mentionnons tout de même que son rôle, a priori important puisque censé lever une armée pour aider les guerriers de la Terre, se résumera à un fight mal foutu et une séquence totalement useless.
Comme on pouvait donc le craindre, la trame scénaristique prend l’eau de toutes parts. L’un dans l’autre, à mesure qu’on soupire devant ce scénario gruyère, on se dit que ce n’est pas si grave si les fights relèvent le niveau. Peine perdue puisque même sur ce plan, Mortal Kombat II peine à exciter les sens, surtout si on le compare à d’autres films d’action comme The Furious ou City of Darkness, certes très éloignés dans l’ambiance d’un MK II mais bien plus à même d’assouvir notre envie de chorégraphies brutales et stylisées. Cette suite est donc très frustrante de ce point de vue sachant qu’il y avait matière à offrir quelque chose d’extrêmement réjouissant. Entre une utilisation de câbles rendant certaines joutes lentes et peu naturelles (nous ne sommes pas à Hong-Kong et ça se sent) et certains affrontements totalement expédies (Sonya et Sindel notamment), difficile de se faire vraiment plaisir. Il faut aussi bien comprendre que plusieurs membres du cast ne sont pas des artistes martiaux et ceci se ressent énormément dans les mouvements ou mêmes la réalisation ne parvenant pas toujours à masquer la présence des cascadeurs.
Du coup, Carl Urban a beaucoup de mal à convaincre car au delà de la nature exubérante de Johnny Cage, le personnage reste un guerrier accompli qui, dans Mortal Kombat II, oscille constamment entre un acteur ringard hanté par son passé, le refus de participer au Mortal Kombat et son rôle improbable d’élu. On devra au final se contenter de deux fights très réussis dont celui de Liu Kang vs Kung Lao, malheureusement spoilé par le marketing en amont du film mais représentant tout ce qu’aurait dû être ce MK II, autant dans le rythme, les idées de réalisation et le Finish move. Si la fin relève également le niveau, on trouvera un peu facile de s’appuyer une fois de plus sur certains des personnages les plus côtés, autrement dit Sub-Zero et Scorpion cette fois affublé de Noob Saibot. Ne boudons toutefois pas notre plaisir malgré le fait que ce dernier acte ne parvienne pas à rendre Mortal Kombat II vraiment digne d’intérêt. Finalement, sa plus grande réussite est de nous faire patienter jusqu’à la nouvelle adaptation de Street Fighter a priori plus encline à assumer totalement son aspect «B-movie» et surtout plus généreuse en action.





Après un premier film lénifiant, Mortal Kombat II efface certaines erreurs mais en accumule d’autres. Délaissant rapidement certains personnages pour se concentrer sur le noyau dur des combattants de la Terre, ce MK II n’arrive jamais à trouver un vrai équilibre entre une histoire de vengeance tournant autour de Shao Kahn et Kitana, l’avenir de notre monde et des affrontements peu convaincants.






