Rendant aussi bien hommage aux figures héroïques des films d’action des années 80 qu’aux récents John Wick, Sisu : De l’Or et du Sang s’était montré aussi brutal que jouissif dans sa propension à mettre en scène un jeu de massacre de plus en plus barré. Dès lors, quoi de plus logique qu’une suite pensée et réalisée dans le même moule et mettant toujours en scène le personnage d’Aatami, cette fois aux prises avec l’armée russe. La promesse d’un nouveau défouloir mixant avec toujours autant d’enthousiasme action débridée et comique de situation.
1946, alors qu’Aatami rentre enfin chez lui après une vie de combats, il espère trouver un certain réconfort sur ses terres, parmi les souvenirs de ses proches disparus. C’était sans compter les territoires finlandais occupés par l’Union soviétique à la sortie de la guerre et où se trouve désormais le foyer de notre guerrier. Tout en revenant fugacement sur le passé d’Aaatmi à travers une photo de famille et son némésis, Igor Draganov, joyeusement incarné par Stephen Lang (Avatar), Jalmari Helander (déjà réalisateur du premier volet) déroule sa feuille de route en usant au mieux de la durée réduite de son film (moins d’1h30). Rien n’est laissé au hasard et le réalisateur finlandais ne s’embarrasse jamais de dialogues superflus pour raconter son histoire, son héros préférant les actes aux mots.
Tout passe ici, encore une fois, par un chapitrage suffisamment explicite (Maison / Carnage motorisé / Aux abris !…) associé à une des scènes d’action XXL émaillant le survival. La structure est efficace et limpide et permet à ce concept simplissime de s’exprimer pleinement d’autant que la violence graphique multiplie l’aspect grindhouse. Mixe entre les Indiana Jones et les films d’action qui pullulaient dans les années 80, Sisu : Le Chemin de la Vengeance est un hymne à ces héros indestructibles aussi charismatiques que sans pitié. A ce petit jeu, Jorma Tommila excelle une fois de plus en offrant son regard déterminé et sa propension à se sortir des situations les plus complexes, qu’il soit bombardé par deux avions de chasse en pleine campagne finlandaise ou face à une escouade entière de soldats russes. C’est cet aspect qui fait la beauté de la chose puisque la finalité n’est pas de savoir si Aatami va se sortir vivant de cette suite mais bel et bien de voir ce qu’il va endurer pour arriver jusque là.
Helander en est parfaitement conscient et tout en soignant ses magnifiques cadres pour dépeindre les affres de la guerre à travers ce corps pendu à un moulin ou la sortie de prison de Draganov en Sibérie, il prend énormément de plaisir à enchaîner les trouvailles bien vénères afin de proposer des scènes d’action toutes plus fun les unes que les autres. A l’instar du premier volet, Le Chemin de la Vengeance ne se prend pas au sérieux et si il malmène son héros du début à la fin, il n’en oublie jamais d’injecter suffisamment d’humour pour désacraliser les morts qui s’empilent durant 80 minutes. Un tank faisant une pirouette pour franchir un poste de sécurité, une séquence d’infiltration qui manque de mal se finir à cause d’une tapette à souris, un missile servant à rattraper un train en marche, le film déploie des trésors d’inventivité presque cartoonesque mais s’intégrant parfaitement dans cette folie ambiante.
Logique donc qu’à mesure qu’on progresse, le tout devienne de plus en plus jouissif, avec la promesse d’un face à face entre Aatami et Draganov liés par un passé commun. Sisu : Le Chemin de la Vengeance se complaît dans son approche ultra satisfaisante de série B et ne lésine jamais sur les litres d’hémoglobine ou les mises à mort graphiques pour le plaisir de tous. C’est ce que nous étions venus chercher et c’est exactement ce que nous offre cette suite qui s’inscrit parfaitement dans la continuité de son aîné en se présentant comme l’un des meilleurs films d’action de 2025.





Sisu : Le Chemin de la Vengeance coche toutes les cases de la suite réussie. Plus folle, plus drôle également, elle lâche quelques bribes du passé de son guerrier sans jamais s’appesantir dessus. Une fois encore, tout le film est dédié aux exactions d’Aatami, plus revêche que jamais, se relevant indéfiniment pour exploser quelques têtes supplémentaires. Un concept simple, basique mais qui est ici maitrisé de bout en bout.








