Troisième et dernier épisode de la trilogie initiée par Crystal Dynamics, Underworld entend nous plonger dans un épisode plus sombre et lié au premier volet, dans la mouvance des précédents qui réussissaient également à mélanger grand spectacle, exploration et action dans un tout se situant à mi chemin entre Indiana Jones et James Bond.
Dans la droite lignée de Tomb Raider Anniversary, Tomb Raider Underworld s’inscrit comme l’ultime épisode d’une histoire ayant débuté il y a 12 ans et légèrement remaniée il y a peu afin de constituer quelque chose d’homogène. Ainsi, nous ne serons donc pas étonnés de retrouver la dénommée Jacqueline Natla, prétendument morte à la fin du premier Tomb Raider, mais revenant ici en grande forme et affublée d’une magnifique paire d’ailes. Après avoir fait copain copine avec cette chère Amanda, Jacqueline ne tardera pas à entraver la route de Lara à la recherche de sa mère perdue dans la mythique Avalon. Si le scénario se veut très ambitieux, il n’en demeure pas moins sous-exploité. Etrange constat d’autant que la mythologie nordique, au centre de cet opus, est synonyme de somptueux décors et de quelques trouvailles de gameplay. En somme, le principal défaut d’Underworld est d’avoir mésestimé l’importance de son script au profit du gameplay. bien que l’histoire se laisse suivre avec plaisir.
Pour autant, on a du mal à savoir d’où peut venir ce manque de finition d’autant que la jouabilité profite de petites améliorations augmentant grandement l’expérience de jeu. Bien entendu, les bases restent les mêmes que celles des deux précédents TR. Néanmoins, les développeurs ont cru bon de simplifier moult points de détail. Par exemple, Lara enjambe désormais comme une grande les plus petits obstacles qu’elle rencontre sans qu’on ait à appuyer sur une touche. Il lui est également possible d’effectuer des sauts en biais, de tirer alors qu’elle est suspendue à une poutre ou bien encore d’utiliser son grappin qui épouse maintenant l’environnement. Ainsi, si vous agrippez un élément, reculez et tournez autour d’un pilier, le grappin ne restera pas tendu mais contournera lui aussi l’obstacle. Une bonne idée afin de rendre un peu plus consistantes certaines énigmes. C’est d’ailleurs un point essentiel d’Underworld qui affiche une difficulté aussi importante qu’Anniversary. En somme, le titre se rapproche beaucoup plus de l’opus original que de Legend en cela que vous évoluerez à l’intérieur d’immenses salles à l’architecture complexe qu’il vous faudra analyser et comprendre afin de progresser.
Le fait le plus indéniable d’Underworld est donc lié à sa volonté farouche de plaire à un public très large. Cependant, retenez bien que l’exploration est plus présente que l’action. Certes, vous aurez droit à quelques gunfights, des combats contre des animaux ou monstres issus d’un lointain passé, vous aurez la possibilité d’utiliser plusieurs armes (uzi, mitraillette, fusil anesthésiant, fusil à pompe…) ou de porter des coups de pieds bien placés mais malgré tout, ces séquences tombent à plat. Qu’on se le dise, autant on prend son pied à trouver son chemin ou la solution d’un puzzle, autant on s’ennuie lors des rixes. Tout difficile qu’il est, Underworld n’en reste pas moins un jeu accessible. Si ce constat est paradoxal, il s’explique simplement par le fait que Crystal ait inclus un système d’aides plutôt ingénieux. En effet, en passant par le menu d’inventaire, où vous trouverez notamment le nombre de reliques et trésors à dénicher, vous pourrez user d’un sonar permettant d’afficher une vue en fil de fer de l’endroit où vous vous trouvez. Si l’idée est originale, elle ne sert pas à grand-chose à part dans certains cas pour visualiser une ouverture que vous n’auriez pas vu au préalable. A contrario, les aides de terrain sont plus intéressantes. Dans ce cas, vous n’aurez qu’à appuyer sur une touche afin que Lara vous dise quel est votre objectif. Si vous êtes toujours perdu, une nouvelle pression vous donnera la solution de l’énigme. Cette aide salvatrice évitera bien des crises de nerfs aux plus impatients.
Tout intéressant soit-il, ce Tomb Raider ne manque pas de problèmes. Tout d’abord, on regrettera que Crystal Dynamics n’ait pas résolu les quelques écarts de caméra qui a parfois du mal à se mettre dans la bonne position afin de nous montrer ce qui se trouve autour de nous. On devra alors se référer aux mouvements de la miss (après avoir orienté le stick dans une direction) pour savoir si on peut sauter sur un bout de corniche. Notons également de nombreux bugs (araignées bloquées dans les airs, des sortes de geckos invulnérables tournant en boucle sur un mur, écran noir, Lara disparaissant de l’écran…) entraperçus ici et là. D’ailleurs, on eut apprécié un autre système de sauvegarde, ce dernier n’ayant pas changé depuis Legend. En somme, n’oubliez surtout pas de sauvegarder manuellement votre progression afin d’éviter de devoir reprendre des niveaux entiers à cause de certains bugs. Pour terminer avec les défauts rencontrés, mentionnons des freezes de Lara (parfois en équilibre sur des poutres ou devant des éléments synonymes de jointures entre deux parties d’un obstacle) qui mettra alors une ou deux secondes avant de bouger à nouveau.
Quoi qu’il en soit, malgré ses bugs, auxquels on rajoutera de gros ralentissements sur PS3 lorsque le jeu doit afficher plusieurs ennemis à l’écran, Tomb Raider Underworld arrive à sortir la tête de l’eau grâce à son level design torturé et sa longévité similaire à celle d’Anniversary. Il serait également hypocrite de ne pas mettre en avant les efforts des devs même si ceux-ci ne sont pas toujours payants. Je pense ici à la montée d’adrénaline que vous pourrez mettre à profit pour ralentir le temps et ainsi shooter plus facilement vos ennemis. Un grand classique qu’on utilise peu dans le cas présent vu que les affrontements se règlent vite fait bien fait. Du coup, cette technique vaudra davantage pour les mouvements stylés de Lara que pour son efficacité. A l’inverse, le fait d’avoir intégré la moto tout au long du stage du Mexique, à l’image de ce qui avait été fait dans Tomb Raider 3, est beaucoup plus réussi que les phases similaires de Legend. Finalement, on en vient à se dire qu’avec du temps supplémentaire, Underworld aurait pu éviter la plupart des reproches qu’on lui fait. Malheureusement, il restera un cran en dessous d’Anniversary malgré ses indéniables qualités et son orientation exploration extrêmement satisfaisante pour l’aventurier rompu à cet exercice depuis 1996.





Tomb Raider Underworld se pose comme un bon jeu bien qu’accumulant quelques bugs gênants et divers défauts de gameplay. Le titre de Crystal Dynamics n’en reste pas moins très abordable. Malgré ces soucis, ce volet s’avère fort plaisant grâce à son level-design aussi torturé que celui du TR original, sa plus grande accessibilité, son ambiance enchanteresse et une volonté de terminer en beauté une trilogie en revenant aux sources de la saga.










