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Robocop Rogue City : Unfinished Business – La loi de Murphy

Prolongeant l’histoire du très bon Robocop Rogue City, Unfinished Business nous replonge dans les rues de Detroit, plus exactement à l’intérieur d’une immense construction de l’OCP à mi-chemin entre la citadelle de Kowloon et la tour de The Raid. Une mission qui ne sera pas de tout repos pour notre boîte de fer blanc mais ce ne sont pas quelques étages à gravir qui vont vous faire peur, n’est-ce pas ?

Débutant par une attaque soudaine et sanglante du commissariat de Robocop, ce dernier retrouve la trace des agresseurs à l’intérieur de l’OmniTower, une gigantesque infrastructure, sorte de ville dans la ville, dans laquelle séjournent civils, scientifiques et militaires. Sous l’impulsion d’une mystérieuse informatrice, notre flic s’engage alors dans une vendetta vengeresse sous couvert de la loi, ça va de soi.

LA TOUR INFERNALE

S’inscrivant dans le prolongement de l’aventure principale, ce standalone n’a pas vocation à surprendre mais plutôt à réactiver les excellentes sensations de shoot de l’original en intégrant au passage diverses nouveautés afin de légitimer un peu plus cette suite nécessitant une douzaine d’heures pour être bouclée.

Bien que le pitch de départ soit synonyme de lieu unique, cet aspect est vite contrebalancé par de bonnes idées. En effet, au-delà des divers lieux composant la tour (laboratoires, cinémas, restaurants à thème, bureaux…) et apportant un renouvellement des environnements, on aura l’occasion, lors de flashbacks, d’incarner à plusieurs moments de l’aventure divers personnages nous permettant de sortir de la tour de l’OCP. On pourra ainsi incarner un personnage central qu’on rencontrera par la suite, le lieutenant du bad-guy principal ou bien encore Alex Murphy avant sa transformation en Robocop. Un parti-pris sympathique car si on pourra être frustrés de ne pouvoir utiliser qu’une arme de poing, notre fragilité (trois balles et c’est le Game Over) nous demandera d’adapter notre façon de jouer, en se mettant davantage à couvert, en ajustant mieux nos tirs et en comptant sur les membres de notre équipe pour nous aider. Une parenthèse un peu courte mais apportant de la fraîcheur à l’ensemble. A l’opposé, on incarnera également l’ED-209 lors d’un passage très intense où notre puissance de feu nous sera fort utile pour décimer des quantités astronomiques d’adversaires venant littéralement se faire déchiqueter sous nos rafales. Primaire mais oh combien jouissif.

D’un point de vue de la structure, il conviendra une fois de plus d’enchaîner les missions principales et secondaires, en discutant avec les NPC que vous croiserez pour glaner quelques informations utiles à votre mission ou en dénichant des preuves afin de récupérer suffisamment d’EXP pour obtenir des points de compétences, histoire d’améliorer les attributs de Robocop. Notez qu’au début de l’aventure, vous posséderez automatiquement quatre capacités (Bouclier, Dash, Bullet time et Flash) qui ne seront pas de trop pour faire place nette. Afin de nous offrir quelques pauses salvatrices, Teyon a également intégré des chapitres plus narratifs. Malheureusement, on trouvera souvent le temps long, le gameplay se résumant à aller d’un point A à un point B, scanner quelques lieux et autres corps puis à discuter avec nombre de personnages. Peu passionnant d’autant qu’à de multiples reprises, on aura droit à des bugs de caméra rendant certains dialogues peu immersifs voire involontairement drôles à cause de personnages mal placés, coupés ou tout simplement absents. Plus embêtant, on rencontrera aussi ce souci lors de certaines quêtes rendant ces dernières impossibles à terminer. Heureusement, en rechargeant le chapitre, ceci résoudra le problème mais ce manque de finition (auquel on rajoutera certains textes non traduits) fait parfois peine à voir.

MURPHY GOT A GUN

Comme vous pouvez néanmoins l’imaginer, le cœur de ce standalone sera toujours l’action, ici plus condensée afin de maintenir un rythme constant. S’appuyant sur des gunfights nerveux, les développeurs se sont fait plaisir, en accumulant les scènes d’action XXL contre des cohortes d’adversaires armés jusqu’aux dents accueillant plusieurs nouveaux venus dans les rangs. Outre des drones explosifs, on affrontera des soldats en jet-pack, des droïdes équipés de katanas ou des adversaires en armure utilisant une arme cryogénique qu’il sera possible d’utiliser à notre tour. Malgré l’intensité des gunfights, le jeu reste néanmoins très simple d’autant que si notre Pistolet Auto 9 s’avère toujours aussi efficace grâce à ses munitions illimitées, on ne se privera jamais de changer d’arme afin varier les plaisirs et les kills.

D’ailleurs, Teyon a ici aussi ajouté quelques features pour rendre le tout encore plus dynamique. De la possibilité d’utiliser des surfaces pour faire rebondir nos tirs et ainsi toucher des ennemis par derrière à l’usage de plusieurs QTE synonymes de différentes mises à morts (encastré dans un ventilateur, jeté dans un vide-ordures, aplati par une enseigne…), le fun est toujours aussi présent à l’image de l’aspect gore qu’il sera possible d’accentuer en activant des puces de cartes mémoire qui vous serviront à nouveau à augmenter certains attributs (défense, nombre de munitions, portée de vos tirs, etc).

On navigue donc en terrain connu avec Unfinished Business mais dieu que c’est bon ! Certes, la modélisation des personnages n’est vraiment pas folichonne, les quelques longueurs mentionnées plus haut cassent un peu le rythme, on note plusieurs bugs qui font parfois grincer les dents mais rien de tout ceci ne vient vraiment entacher le plaisir de sulfater des soldats par paquet de douze. C’est basique, c’est primaire mais qu’est ce que c’est plaisant !

Unfinished Business reprend ce qui avait fait le succès de Rogue City tout en condensant l’action plus jouissive que jamais grâce à plusieurs nouvelles features et armes décuplant les sensations de shoot de l’original, déjà excellentes. On pourra bien lui reprocher plusieurs petites choses (quelques bugs, certains passages narratifs trop poussifs, une IA moyenne) mais rien qui ne vienne amoindrir l’intensité des gunfights plus que jamais au cœur de l’expérience.