God of War : Ghost of Sparta – Dis moi Deimos d’amour !

Se situant entre le premier et deuxième épisode de la saga, God of War : Ghost of Sparta nous plonge dans l’enfance de Kratos, celle-là même qu’il pensait avoir oublié. Surgissant du passé, Deimos se présente sous nos yeux ébahis. Malheureusement, tout frère du Dieu de la guerre qu’il est, il semblerait que le bougre ait attisé la colère de Thanatos. Qu’à cela ne tienne, le spartiate revanchard n’en attendait pas plus pour partir à nouveau au combat afin de retrouver l’unique famille qu’il lui reste encore.

N’y allons pas par quatre chemins, le scénario de Ghost of Sparta est d’une pauvreté affligeante. Reprenant l’ossature scénique de Chains of Olympus, ce segment n’arrive pourtant pas à la hauteur de son aîné. De fait, l’impression d’assister à un remake du précédent opus PSP prévaut du début à la fin dans le sens où ce bon vieux Kratos va devoir une fois encore effectuer une mission suicide afin d’aller sauver son frère Deimos, prisonnier du dieu de la Mort. Si l’ensemble intègre une fois encore quelques figures et monstres mythologiques à l’image d’Athéna, du roi Midas ou de Scylla, il est regrettable que Ready at Dawn n’ait pas cherché à s’émanciper de sa précédente création. En somme, on se désintéresse dès les premières minutes du sort de Deimos et ce malgré quelques flash-back renvoyant à l’adolescence des deux frérots censés accentuer l’empathie. Peine perdue § Si on se rappellera encore longtemps de la somptueuse scène de Chains of Olympus pleine d’amour et de désespoir entre un père et sa fille, nul doute que la majeure partie des joueurs auront zappé le frangin du Spartiate qui n’apparaît véritablement que durant les dernières 20 minutes.

Pour autant, on traversera le titre en appréciant à nouveau la fureur environnante. Malheureusement, les développeurs ont ici aussi choisi la solution de la facilité en recopiant à la lettre ce qui a été réalisé jusque là dans l’ensemble de la série. On ne sera donc pas étonné de trouver une réplique de la scène d’ouverture de God of War, un bestiaire similaire faisant le jeu d’anciens ennemis relookés ou bien encore les mêmes astuces de mise en scène parfois impressionnantes mais peu inspirées. Cependant, difficile de résister tant la réalisation reste éblouissante. Ainsi, bien que les séquences contemplatives soient moins présentes et qu’on note une pénurie de boss, on jubile en mettant à profit la puissance de Kratos. Pour autant, le gameplay évolue peu ou pas mais s’avère toujours aussi accessible. Comme vous pouvez vous en douter, le système d’upgrade ne change pas. Ainsi donc, vous récupérerez diverses armes et magies à mesure que vous progresserez. Une fois acquis suffisamment d’orbes rouges, il sera ensuite question d’upgrader tout ceci pour augmenter la puissance de vos « sorts » ou de débloquer plusieurs combos pour les Lames d’Athéna, la lance et le bouclier, ce duo étant à préconiser pour se protéger tout en attaquant à distance.

Sur le plan de la jouabilité, on mettra l’accent sur deux éléments. Le premier est lié au Fléau de Théra synonyme d’une troisième jauge ayant élu domicile sous celles de vie et de magie. Ladite jauge, se remplissant automatiquement au bout de quelques secondes, sera l’occasion d’enflammer vos lames afin de réduire à néant les boucliers des ennemis ou les armures de cyclopes. Une fois ceci fait, vous pourrez tranquillement labourer les chairs jusqu’à exécuter les inévitables QTE pour achever l’ennemi. L’autre ajout, via une pression sur les boutons L et Rond, sera synonyme de mise à terre afin de rouer de coups l’adversaire. De leur côté, les phases sous-marines profitent d’une plus grande place et d’une profondeur un peu plus conséquente. En somme, il faudra souvent profiter du dash pour nager à contre-courant puis très vite attraper une prise murale afin de prendre la tangente. En combinant petites baignades, phases de plates-formes et échauffourées traînant parfois en longueur, le rythme de Ghost of Sparta reste soutenu, trop peut-être puisqu’il arrivera trop souvent qu’on passe d’un long combat à un autre sans avoir le temps de souffler ou d’admirer le paysage.

Finalement, en combinant tout ceci, vous verrez le bout du chemin en un peu moins de six heures. C’est peu mais cela reste supérieur à la durée de vie de Chains of Olympus. Comme de coutume, vous profiterez ensuite d’une dizaine de défis et d’une pléthore de bonus à débloquer. A ce sujet, si les prix exorbitants des trésors du Temple de Zeus vous font écarquiller les yeux, n’oubliez pas qu’en recommençant l’aventure, vous pourrez activer les artefacts récoltés pour obtenir 10 fois plus d’orbes, utiliser des magies illimitées ou bien encore réussir automatiquement les mini-jeux contextuels. De plus, vous aurez le privilège de pouvoir porter une armure divine ou d’incarner d’autres guerriers dont Deimos ou le Mokujin de Tekken. Précisons enfin que Ready at Dawn s’est senti obligé de rajouter un mode de jeu inédit autrement dit l’Arène Combat. S’il est possible de régler quelques paramètres, on ne voit pas encore vraiment l’intérêt d’un tel mode, l’ensemble étant aussi intéressant que la Fête de la Pomme de Massiac. Quoi qu’il en soit, en faisant table rase des défauts énoncés, ce God of War saura contenter tout barbare qui se respecte. Du déjà-vu, oui, mais du déjà-vu qui fait encore son petit effet. Autant en profiter.

Les sentiments qu’on éprouve en jouant à God of War : Ghost of Sparta sont pour le moins contradictoires. Si d’un côté, on tombera une fois de plus sous le charme d’un magnifique visuel et de furieuses séquences d’action, on éprouvera aussi une grande lassitude devant l’absence totale d’originalité. Certes, on trouvera ici et là quelques ajouts mineurs mais rien de bien fameux. Carton rouge également au scénario, inconsistant, inintéressant et plus ou moins calqué sur celui du précédent opus PSP. Cela dit, malgré ses défauts, le jeu se finit d’une traite, affiche une durée de vie plus conséquente que Chains of Olympus et demeure le meilleur beat’em all de la machine.

Yannick Le Fur

Yannick Le Fur

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