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Batman Arkham Origins : Les origines de Bruce Payne

Batman Arkham City, plus qu’un nom, un exemple de perfection vidéoludique en matière de super-héros. Difficile pour Warner Bros Montreal Games de passer après une telle leçon de maîtrise orchestrée par les Anglais de Rocksteady. Ainsi, pouvait-on seulement attendre autant de Batman Arkham Origins avec un temps de développement aussi court ? Analysons le tout.

Revenons tout d’abord sur les origines du jeu, antérieur à Asylum et à City. On y découvre un Bruce Wayne plus jeune mais pas nécessairement inexpérimenté, celui-ci ayant d’ailleurs les mêmes aptitudes et gadgets que dans les précédents opus. De fait, on aborde ici le premier point faible du jeu, synonyme de scénario décevant, essentiellement basé sur la personnalité écrasante du Joker. On y retrouve bien un lot conséquent de bad guys mais ces derniers ne servent finalement qu’à installer tout au long de l’aventure des combats de boss dont nous reparlerons plus loin. En soi, ce n’est pas vraiment une surprise, les précédents segments n’ayant jamais brillé par leur scénario, mais Origins a également contre lui une mise en scène moins inventive, moins percutante, malgré de superbes cinématiques jalonnant l’aventure. Pire, les quelques bonnes idées scénaristiques font toutes écho à d’autres scènes de Asylum et City tout en demeurant moins réussies. Néanmoins, cette chasse à l’homme commanditée par Black Mask nous obligera une fois encore, pour notre plus grand plaisir, à crapahuter à travers Gotham cette fois plongée sous une neige abondante, pour sauver notre peau et mettre en sûreté les personnes qui nous sont chères, à commencer par Alfred.

Habile transition pour évoquer la Batcave où nous attendra notre second père, ce dernier étant bien entendu toujours en relation directe avec nous afin de distiller de précieux conseils sur le terrain. Toutefois, on aura l’occasion de le rencontrer en chair et en pixels dans ladite Batcave qui sera accessible à tout moment par le biais du Batwing. Pour ce faire, il suffira simplement d’ouvrir la map et de choisir un point de déplacement rapide pour y accéder, ceci étant également valable pour d’autres endroits de Gotham, disponibles après s’être occupé de tours de communication brouillant le signal de notre véhicule. Bien pratique pour ne pas avoir à se retaper de longues traversées en planant, bien que celles-ci restent délectables. Outre le fait de papoter avec notre majordome et de récupérer quelques gadgets, la Batcave sera l’occasion de s’essayer à divers défis (Prédateurs, Combats), par ailleurs également accessibles depuis le menu principal, afin de gagner les innombrables médailles de bronze, d’argent et d’or mais aussi de l’EXP, utile pour acheter diverses améliorations. A ce sujet, notez que pour acquérir certains upgrades auxiliaires, on devra automatiquement réussir des défis nous demandant de varier notre style de jeu. Plutôt intelligent. Si l’idée d’intégrer cet endroit mythique à l’histoire n’est donc pas bête, on aurait aimé que le tout ait un plus grand intérêt ou que Warner Bros Montreal Games soit allé encore plus loin en rajoutant le manoir Wayne, ne serait-ce qu’à la manière d’un repaire d’Assassin’s Creed, où l’on aurait pu reluquer tous les costumes à débloquer, lire les fiches de personnages, etc. Pour un prochain épisode, sait-on jamais, d’autant que l’un comme l’autre lieu étaient déjà présents sous forme de DLC dans Arkham City.

Si le gameplay de Asylum proposait déjà un bon équilibre entre action et infiltration, City avait perfectionné l’ensemble, ne serait-ce qu’en termes de vitesse d’animation et de peaufinage afin de rendre l’expérience inoubliable. Origins profite donc de tout ce travail, qui lui offre dès le départ un matériau d’exception mais qui aurait tout de même mérité d’être saupoudré de nouveautés dignes de ce nom. Sur ce point, peine perdue, rien ou presque d’original n’est à signaler. Ainsi, outre les déplacements rapides mentionnés plus haut, on signalera l’ajout des gants électriques, pratiques pour se défaire des grappes d’adversaires qu’il ne sera pas rare de croiser. Sur ce point, les développeurs ont un peu abusé, surtout durant la dernière ligne droite où les combats pullulent. A ce sujet, précisons que quelques adversaires inédits seront présents, à l’instar des experts en arts martiaux qui se montreront plus résistants et agiles, ceci nous obligeant à varier notre façon de faire avec les contres et les finish moves. Hormis cet aspect, Batman se montre toujours aussi gracile en passant d’un adversaire à l’autre et en enchaînant raclées et autres gadgets. Même son de cloche pour les phases d’infiltration où il conviendra de bien repérer les déplacements des gardes pour les éliminer en silence. En terme d’ajouts, on appréciera le nouveau grappin nous permettant de balancer des objets à distance sur des ennemis. Maintenant, difficile d’être aussi enthousiaste que par le passé puisque ici aussi, la progression est un calque de celle de City. Les environnements changent mais l’architecture des niveaux est identique. On se retrouve alors dans des endroits cloisonnés, avec moult grilles d’aération et gargouilles où se nicher, celles-ci étant également piégées vers la fin de l’aventure. Finalement, le seul véritable ajout tient aux phases de recherche un peu plus évoluées puisque vous pourrez, sur une scène de crime, avancer ou reculer dans le temps pour voir ce qui s’est passé et ainsi découvrir de nouveaux indices. Sympathique même si on aurait pu s’attendre à beaucoup plus.

D’ailleurs, cette réflexion nous étreint face aux nombreux boss qui essaieront d’empocher les 50 millions de dollars promis pour la capture du Dark Knight. Centré autour de cet élément, on était donc en droit d’attendre d’Origins des combats au moins aussi intéressants que ceux contre Freeze et Ra’s Al Ghul de City ou le fantastique affrontement contre l’Epouvantail dans Asylum. Malheureusement, c’est une douche froide puisque si on apprécie de rencontrer autant de super-vilains, les rixes contre ces derniers témoignent d’un vrai manque d’inspiration. Entre des combats basiques de chez basique contre Killer Croc ou Bane, un affrontement avec Copperhead basé sur la multiplication, une rixe contre Deathstroke maladroitement pensée en termes de QTE, on a du mal à vibrer lors des fights. Même celui contre Firefly peine à convaincre alors qu’il y avait matière à présenter quelque chose d’excitant. On devra alors se satisfaire de ce qu’on a, et ce jusqu’à la fin débouchant sur un face-à-face un peu plus subtil mais renvoyant une énième fois à quelque chose qu’on connaît dans la série. Notons tout de même qu’en bouclant l’histoire, vous n’affronterez pas tous les vilains, Deadshot, Lady Shiva ou Le Chapelier Fou étant associés à des quêtes annexes. On croisera donc les doigts pour que ces derniers sortent du lot.

A ce sujet, mentionnons l’excellente durée de vie du titre qui n’a nullement à rougir face à Batman Arkham City sur ce point. Outre une aventure Solo nous demandant entre 15 et 20 heures, on retrouve pléthore d’objectifs bonus, liés ou non à d’autres vilains, qui doublent la longévité d’Origins. On se frottera les mains tout en grinçant les dents devant le Multijoueur, lui aussi destiné à faire grimper en flèche cette longévité mais au final terriblement médiocre. On ne nous propose ainsi qu’un seul mode et quatre maps au level design limité. Ensuite, outre de gros soucis techniques au niveau des textures, le feeling des personnages jouables est très fluctuant. En somme, lorsqu’on incarnera Batman ou Robin (ceci se faisant entre deux sessions de manière aléatoire parmi les 8 joueurs qui s’affrontent), on retrouvera les mêmes sensations qu’en Solo. Un bon point contrebalancé par le feeling catastrophique lorsqu’on incarne un membre du gang de Bane ou du Joker qui devront se disputer des points de contrôle pendant que les deux héros chercheront à en venir à bout. Dans ce cas de figure, on devra se coltiner des personnages évoluant très lentement et effectuant des roulades en bullet time. Si on ajoute à ceci un manque de sensations flagrant, on se retrouve devant un élément des plus dispensables qui doit sa présence, on l’imagine, à l’air du temps voulant que n’importe quel jeu Solo se doit d’avoir une composante Multi. Malheureusement, hormis Assassin’s Creed, peu de titres ont réussi le pari de proposer quelque chose d’aussi intéressant dans un cas comme dans l’autre et ce ne sont certainement pas Dead Space 3 ou Tomb Raider qui me feront mentir.

Si on ne peut nier que cette suite reste un très bon jeu, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il aurait donné sans tout le travail effectué en amont par Rocksteady. Et c’est là que le bât blesse car si Asylum et City transpiraient une passion sans bornes pour le Dark Knight, Origins ressemble davantage à un travail de commande, fort bien réalisé par des artisans de talent, mais sans véritable passion. Pour autant, difficile de renier ce Batman Arkham Origins qui, bien que bancal, n’en reste pas moins un très bon open world manquant simplement de personnalité.

En ayant la lourde tâche de succéder à Arkham City, Arkham Origins se devait de proposer une aventure aussi bonne que son modèle. L’un dans l’autre, c’est le cas, du moins en termes de technique et de gameplay, mais on lui reprochera malgré tout une absence totale de prise de risques, des nouveautés minimalistes et un multijoueur médiocre. Ainsi, en s’étant beaucoup trop reposé sur le travail de Rocksteady, Warner Bros Montreal Games est sans doute passé à côté de cette évolution, nécessaire à une saga, qui aurait pu être synonyme d’ajouts intéressants dans le fond comme dans la forme. Néanmoins, cette dernière étant toujours aussi maîtrisée, il serait criminel de laisser de côté ce jeu qui nous propose de retrouver une fois encore un magnifique prolongement de pixels aux comics et animes de DC.

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Batman Arkham Origins Blackgate : Bruce retourne au mitard

Batman n’a décidément pas de chance. Après avoir purgé Gotham City de son engeance dans Batman Arkham Origins, le voilà à nouveau confronté à Black Mask, au Joker et au Pingouin fraîchement débarqués à la prison de Blackgate et ayant de surcroît pris le contrôle des lieux. Si ce pitch fait furieusement penser à celui d’Arkham Asylum, les similitudes entre les deux jeux s’arrêtent là. En effet, si Blackgate s’approprie bien les éléments forts d’Asylum et City, il n’en reste pas moins un épisode à part entière s’émancipant de surcroît de ses pères en allant chercher son inspiration du côté de Metroid et Castlevania.

Oubliez tout ou presque de ce que vous connaissez de la série Batman Arkham puisque l’épisode Blackgate s’en éloigne tout en conservant la plupart des forces des précédents opus tout en profitant d’une narration sous forme de planches dessinées du plus bel effet et renvoyant de surcroit au format où le personnage a vu le jour. Ainsi, bien qu’on y retrouve le système de combat Freeflow, le mélange d’infiltration et d’action et les gadgets du Dark Knight, nous évoluons ici dans un univers en 2.5D où il va nous falloir crapahuter du début à la fin afin de mener à bien notre mission consistant à éradiquer la vermine grouillante dans les trois bâtiments constituant Blackgate, autrement dit l’Atelier, l’Administration et les Cellules, ces derniers regroupant plusieurs sous-niveaux. De fait, il va ici falloir faire preuve d’un bon sens de l’orientation pour s’en sortir vu que les allers-retours seront monnaie courante.

Bien que Batman Arkham Origins Blackgate débute sur les toits de Gotham, Batman se retrouvera donc très rapidement à l’intérieur des murs de la prison synonyme de véritable dédale. A ce stade, vous pourrez directement choisir d’enquêter dans l’un des trois bâtiments mentionnés plus avant, la progression vous demandant de toute façon de passer plusieurs fois par l’un et l’autre pour avancer dans l’histoire. C’est d’ailleurs un vrai problème en soi puisque passé deux ou trois heures, on se rend compte que le cheminement est terriblement laborieux dans le sens où il manque grandement de rythme. Ceci tient en premier lieu au faible nombre de gadgets que vous avez : quatre. Le Batarang, la Bat-griffe, la Tyrolienne et enfin le Lanceur de gel. Problématique dans le sens où vous les trouverez au fur et à mesure de votre progression. En somme, on devra se contenter durant le premier tiers de l’aventure de deux items, les deux autres arrivant un peu plus tard bien qu’ils ne réussissent pas vraiment à dynamiser des situations qui se ressembleront toutes d’un niveau à l’autre. Qui plus est, la map s’avère assez peu lisible, les différents étages au sein d’un même endroit n’étant pas précisés. On aura beau avoir la possibilité de zoomer et dézoomer et voir où se trouve l’endroit où l’on doit se rendre, rien n’y feait, on aura plus souvent l’impression d’incarner une souris dans un labyrinthe qu’une chauve-souris évoluant gracieusement. Ceci est d’autant plus vrai qu’il faudra également se coltiner d’innombrables séquences de décryptage basées sur quatre clés qu’on obtiendra aussi à mesure qu’on évoluera dans l’histoire. Lourdingue, surtout qu’il n’y a aucune limite de temps et que les séquences ne présentent aucun challenge puisqu’il suffira de trouver une suite de trois chiffres dans une grille façon Sudoku.

Au-delà de ça, citons également les combats, peu nombreux, et limités par rapport à ceux de City et Origins. En effet, si on retrouve avec plaisir le système FreeFlow permettant de passer facilement d’un ennemi à l’autre ou de contrer avec aisance, on se demande encore pourquoi les développeurs ont enlevé les Finish Moves d’autant qu’ils étaient présents dans le DLC d’Arkham City également pensé en 2D. De plus, la visibilité se montre très moyenne dans le sens où il est impossible de voir tous les ennemis à cause d’une caméra trop proche. En somme, si on s’en contentera lors des combats contre un ou deux adversaires, il sera beaucoup plus difficile de maintenir un bon combo lors des rixes où des vagues d’ennemis arriveront par la droite ou la gauche de l’écran. Pour autant, malgré ces errances, on aurait apprécié d’avoir un peu plus d’action puisqu’en l’état, on a l’impression de courir la moitié du temps pour aller d’un point A à un point B. Toutefois, on aura tout de même droit à quelques combats de boss un peu plus originaux à l’image de celui contre Deadshot nous demandant de l’atteindre en passant d’un abri de fortune à un autre, le tout se déroulant via le viseur de l’arme du super-vilain. Si ces affrontements nous permettront de rencontrer plusieurs adversaires comme Solomon Grundy, Le Pingouin ou Bronze Tiger, il sera aussi question d’infiltration. Ici, pas de grosses surprises non plus, la façon de progresser étant similaire à celle d’Origins. Si la plupart du temps, vous devrez donc user de grilles pour vous faufiler, il sera aussi question de mettre à profit diverses gargouilles ou d’utiliser certains gadgets pour venir à bout des hommes de main armés, toujours aussi dangereux.

En marge de tous ces points, il est également difficile d’encenser certaines décisions de gameplay surprenantes ou tout simplement idiotes. La pire d’entre elles concerne sans nul doute ces herses anti-émeutes disposées ici et là et imposant à Batman d’effectuer une roulade pour les passer. Après mûre réflexion, je ne vois toujours pas l’intérêt d’un tel élément de gameplay si ce n’est obliger le joueur à utiliser ladite roulade. De plus, comment ne pas pouffer quand on voit Batman effectuer automatiquement des sauts de plusieurs mètres pour atteindre des endroits éloignés et ne pouvant en revanche pas sauter au-dessus d’une herse de quelques centimètres de haut. Dans le même ordre d’idées, on soupirera devant la surexploitation de la vision de détective. Si cette dernière servira à détecter des indices pour débloquer plusieurs bonus comme des artworks ou des costumes (venant compléter des coffres Waynetech recelant plusieurs améliorations durables), vous devrez obligatoirement scanner chaque écran pour voir avec quoi vous pourrez interagir. Dispositifs de sécurité, portes, pans de murs friables, dentiers explosifs du Joker, tout y passe. Bref, on aura tôt fait de s’énerver lorsqu’il faudra scanner certains éléments qu’on voit au premier coup d’oeil avant de pouvoir les détruire ou les utiliser. Tout ceci contribue donc à un résultat mitigé qui partait pourtant d’une bonne idée. Si on y rajoute une absence de quêtes annexes (hormis les quelques bonus à débloquer cités plus avant) et une durée de vie limitée, on aura un peu de mal à offrir un vrai clin d’oeil complice à ce Blackgate.

Batman Arkham Origins Blackgate n’est pas un mauvais bougre mais si le concept de départ, couplé à l’idée de suite directe d’Origins, était bonne, il est dommage de constater autant de soucis à tous les niveaux. En effet, entre un gameplay sympathique mais limité, des mécaniques de jeu redondantes et certaines idées farfelues, le titre de Armature loupe un peu le coche. Frustrant d’autant qu’il y avait sans doute matière à nous offrir un excellent mix entre un Metroid et un Batman Arkham.

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Outlast : Caméra, action !

Si le principe du found footage a été popularisé au cinéma avec Le Projet Blair Witch, il est depuis devenu au cinéma une valeur sûre de l’horreur avec des titres comme Paranormal Activity, REC, Apollo 18, etc. Si ce genre est ici évoqué, c’est tout simplement parce que Outlast en reprend nombre de codes en les transposant dans son univers placé sous le signe de la fuite.

Miles Upshur est un journaliste d’investigation et lorsqu’il apprend que des expériences peu catholiques auraient eu lieu dans l’asile de Mount Massive, il part illico mener l’enquête. Ce faisant, les mécaniques de jeu se mettent alors rapidement en place. Le gameplay opte pour une vue subjective et un panel d’actions plutôt limité permettant de sauter, se hisser, s’accroupir et de courir, élément central du jeu. En effet, Outlast choisit, tout comme Amnesia, un personnage qui n’a rien de vraiment héroïque. Upshur est vulnérable et n’hésitera jamais à fuir dès qu’il verra la bobine ravagée des quelques pensionnaires peuplant l’asile. De fait, on se retrouve à l’intérieur d’une aventure se nourrissant de l’essence même du survival-horror : la survie. Ici, pas question d’armes à feu, ni d’armes tout court, vous n’aurez que votre caméscope dont la vision nocturne vous sera d’une aide précieuse, pour peu que vous ayez des piles, le matos ayant la désagréable habitude de se décharger à la vitesse de l’éclair.

On retrouve une idée propre à pas mal de jeux du genre (Doom 3, F.E.A.R.) voulant que l’effroi nait des zones d’ombre. Si ce parti-pris pourra agacer (rarement des piles se sont déchargées aussi prestement), l’idée accentue la tension synonyme de partie de cache-cache. Ainsi, s’il sera bien question à quelques endroits d’agiter sa souris afin de se débarrasser de l’étreinte d’un patient un peu trop collant, vous devrez souvent courir pour échapper aux ennemis. Il faudra donc constamment se cacher (dans un casier, sous un plumard), jeter un coup d’oeil dans l’angle d’un couloir, ou derrière soi lors d’une course-poursuite, pour vérifier que notre poursuivant n’est pas sur nos talons. Toutefois, on note quelques bémols dans la progression. Par exemple, nos objectifs seront très souvent basés sur trois items à récupérer et à ramener à un endroit donné, ceci amenant alors des mécaniques faisant intervenir à un instant T différents ennemis à éviter. Parfaitement huilé mais trop prévisible. De plus, si les créatures plus évoluées ne se priveront pas d’ouvrir des armoires ou de regarder sous les lits, on constate rapidement que leurs investigations ne sont pas vraiment poussées. Peu crédible même si cela ne dessert pas vraiment le jeu qui propose également quelques passages beaucoup plus haletants dans la veine de ceux qu’on trouvait dans Dark Corners of the Earth. Il sera alors question de fuir et surtout de bloquer l’avancée de nos poursuivants en poussant de lourds objets contre des portes. Contrastant avec une progression plus prudente, ces passages s’avèrent malheureusement peu exploités.

Au final, bien que Outlast troque son originalité contre plusieurs idées empruntées aux univers du cinéma et du jeu vidéo, le résultat est excitant sans être parfait. Le concept tourne quelque peu en rond, ceci minimisant d’autant plus l’effet de surprise. Dans le même ordre d’idées, si quelques jump scares fonctionnent bien, ces derniers ont tendance à se ressembler d’un acte à l’autre. Pour autant, ils sont loin d’être surexploités, ce qui accroît leur impact malgré le problème cité juste au-dessus. De plus, Outlast se repose également sur une ambiance sonore très efficace et un scénario intéressant à défaut d’être innovant, dernière partie comprise, plus originale mais évoquant un peu trop ses modèles. Quoi qu’il en soit, le résultat se montre à la hauteur d’autant que les hommages disséminés ici et là sont intelligents et plutôt savoureux. On regrettera alors que l’aventure se boucle en plus ou moins 7 heures et que la rejouabilité soit forcément réduite. Qu’à cela ne tienne, Red Barrels signe malgré tout un très bon produit en prouvant, après Amnesia et Penumbra, que le pur survival-horror a encore de très beaux jours devant lui.

Outlast réussit son pari en distillant une ambiance malsaine ramenant aux fondements mêmes du survival-horror. Si le jeu de Red Barrels bouffe à tous les râteliers (Clock Tower, Dark Corners of The Earth, Condemned…), on ne lui en voudra pas, malgré un concept tournant rapidement en rond. Néanmoins, il serait dommage de le bouder à cause de ça surtout si vous cherchez à vous faire peur à moindre frais.

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Resident Evil : Revelations – A deux c’est mieux !

Jamais avare en remasters, Capcom nous propose cette fois l’adaptation HD d’un ancien titre sorti sur Nintendo 3DS. Pas n’importe quel épisode cependant puisqu’il s’agit de l’excellent Resident Evil : Revelations qui avait réconcilié les fans de la franchise sur la portable de Nintendo après le médiocre Mercenaries 3D. Toutefois, ce volet est-il aussi indispensable sur consoles de salon ?

Tout en évoquant, par certains côtés, Resident Evil : Dead Aim, spin-off sorti en 2003 sur PS2, Revelations emprunte également à Resident Evil 5. En effet, difficile de ne pas faire le parallèle d’autant que les deux jeux renvoient au sympathique long métrage de Stephen Sommers, Un Cri dans l’Océan. Toutefois, si les développeurs ont su user à bon escient du lieu tout en ponctuant régulièrement leur titre d’énormes références à leurs aïeuls, le scénario se montre des plus décevants. Dans l’absolu, le synopsis d’un Resident n’a jamais été son point fort et si on note ici un réel effort de la part de Capcom afin de proposer un peu d’originalité, le tout tombe vite à l’eau, sans mauvais jeu de mots. Il faut dire qu’on découvre rapidement le pot aux roses tant les personnages sont caricaturaux. Au final, on suit poliment cette histoire très classique de bioterrorisme malgré l’apparition du T-Abyss, une variante du Virus T. Si on retrouve une construction similaire à celle des autres Resident, quelques petites nouveautés dynamisent néanmoins la progression. Bien que l’idée des « Previously », à l’image de ce que propose une série TV, nous rappelle ce qui s’est passé dans le dernier épisode, on appréciera surtout le fait de changer constamment de binômes au fil de l’aventure. Chris et la sulfureuse Jessica, l’inévitable Jill Valentine et un certain Parker (qui fera ensuite équipe avec la sulfureuse Jesse), les couples se font et se défont au gré de l’intrigue oscillant entre présent et passé. On nous donnera également l’occasion d’incarner un certain Keith et son compère Quint. A ce sujet, on regrettera que ces personnages, bien qu’importants à leur manière, apportent trop de légèreté à l’aventure via des situations ou commentaires ne faisant jamais sourire bien que pensés pour.

Pourtant, comme précisé un peu plus haut, ces va-et-vient entre les binômes nous permettront de visiter de nouveaux lieux et de changer de configurations d’armes, les différents agents débutant chaque séquence avec leur propre matos. Retenez quand même que dans la dernière ligne droite, vous aurez normalement accès à l’ensemble des pétoires si tant est que vous les ayez dénichées. Magnum, fusil à pompe, mitraillettes, lance-missiles, du conventionnel pour qui a déjà touché à un Resident même si on aura cette fois droit à une grenade électrique bien utile pour se débarrasser de la poiscaille mutante ou bien encore un leurre biologique attirant tous les ennemis alentour avant d’exploser. Veuillez également noter qu’il sera possible de customiser vos armes en récupérant des kits un peu partout. Ensuite, il ne restera plus qu’à trouver une malle où vous pourrez ranger vos bébés mais aussi améliorer leur cadence de tir, puissance de feu, rechargement… De plus, sachez que si d’aventure, vous trouviez une arme sur votre route, celle-ci prendrait la place d’une autre qui irait automatiquement dans une malle. Peu crédible mais pratique vu qu’il nous est possible de ne porter que trois pétoires à la fois en plus d’un lot de grenades et du traditionnel couteau.

Concernant la maniabilité, on profite cette fois de la souplesse du second stick sur consoles de salon. De fait, si la jouabilité de base reste plutôt convaincante, du moins pour un Resident Evil, on a du mal à s’y faire après Resident Evil 6 qui avait énormément apporté en termes de réactivité. Calquée sur celle de Resident Evil 5, la jouabilité de Revelations permet toutefois de bouger en tirant ou d’effectuer des esquives rapides. Au rayon des écueils, mentionnons le soutien peu convaincant de notre compagnon de route. En effet, on se rend vite compte que si ce dernier shoote à tout va, sa puissance de feu n’a rien à voir avec la nôtre, le gugusse n’arrivant que rarement à éliminer un adversaire lambda malgré des dizaines de balles dans le buffet. Un peu frustrant et rendant l’idée de coopération virtuelle caduque, hormis pour faire avancer le scénario.

Pourtant, on aurait bien aimé avoir un réel soutien vu que ce Resident s’avère un cran au-dessus des autres en termes de difficulté. D’ailleurs, on pourra trouver certains combats de boss inutilement longs et ce, malgré des armes boostées. Etrange, car avec une douzaine d’épisodes, l’aventure Solo n’avait pas besoin de ça pour nous retenir. Encore plus vrai qu’en fonction de vos actions, vous débloquerez des bonus (armes, objets, tenues, personnages…) utiles dans la Campagne ou dans le mode Commando jouable en coopératif online. Un petit plus auquel s’ajoute un aspect scoring duquel découle l’attribution de points, indispensables pour acheter divers éléments. Notons d’ailleurs que cette adaptation HD comporte davantage de personnages et de costumes. Pourquoi pas, même si ledit mode Commando s’avère vite redondant et pas franchement passionnant, qu’on soit seul ou à deux. Une autre idée des développeurs pour rallonger la longévité tient également dans le scan de notre environnement. En effet, vous pourrez à tout moment utiliser un scanner (le Genesis) pour trouver des objets cachés ou bien atteindre un taux d’analyse de 100 % grâce aux corps de vos ennemis, ceci vous valant alors des items supplémentaires. Marrant cinq minutes, le fait de devoir constamment switcher entre notre arme et le scanner aura néanmoins vite fait de nous agacer.

Au final, faut-il investir dans cette adaptation ? Si vous y avez déjà joué sur 3DS, clairement pas. Si ce n’est pas le cas, le tout peut être intéressant bien qu’il soit difficile de ne pas pester face à la paresse de Capcom, la raideur du gameplay ou la construction chapitrée moins adaptée aux consoles de salon où les sessions de jeu sont généralement plus longues. De plus, on esquissera un sourire complice devant cette reconstitution de manoir à l’intérieur du paquebot, cette baignoire à vider pour dénicher un objet ou cette créature sortant prestement d’une armoire. Puisant son inspiration dans les précédents opus mais aussi dans le cinéma de série B, l’aventure de Revelations s’avère néanmoins aussi éclectique dans ses environnements (grotte enneigée, complexes, navire) que dans sa propension à sauter d’époque en époque et à passer d’une équipe à l’autre. On aimera ou non, d’autant que dans le cas présent, outre cette façon de repenser la progression, le tout s’accompagne d’une réalisation un peu laxiste autant dans la forme que dans le contenu additionnel, s’attardant davantage sur un mode Commando, qui se résume à mitrailler des ennemis dans des environnements issus du Solo, que sur la campagne principale.

Resident Evil : Revelations prend un petit coup de vieux en arrivant sur consoles de salon, la faute à une sortie tardive après Resident Evil 6 qui avait, quoi qu’on en dise, su dynamiser la série sous bien des aspects. De plus, entre une construction moins adaptée au support et une adaptation qui ne se foule pas vraiment, on aura tendance à tiquer face au prix de vente plutôt élevé. Pourtant, Revelations conserve les qualités de la version 3DS et pourra faire passer un bon moment à celles et ceux qui ne l’ont pas encore terminée sur la portable de Nintendo. Quant aux autres, autant dire qu’ils refuseront poliment l’invitation tant les nouveautés apportées sont inutiles.

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God of War Ascension : Kratos pose un genou à terre

Trois ans après un excellent God of War III, Sony remet le couvert en proposant un ultime épisode d’une de ses plus juteuses franchises avant de passer à la génération PS4. Cerise sur le gâteau, ce segment propose un mode multijoueur en plus d’une aventure solo s’intéressant au passé de Kratos. Vu sous cet angle, God of War : Ascension a plus d’un atout dans sa manche pour prétendre au statut d’indispensable, sauf que dans les faits, ce n’est pas aussi simple.

Alors que God of War a redéfini le genre du beat’em all, la saga a, au fil des ans, proposé des épisodes, que ce soit sur PS2, PSP ou bien encore PS3. Si ces derniers ne furent pas de qualité équivalente, difficile de remettre en cause la suprématie incontestable de la série, en termes de mise en scène notamment. Pourtant, la hype autour de God of War : Ascension semblait plus mesurée, peut-être à cause d’une communication beaucoup trop axée sur le Multijoueur, composante importante de cet épisode mais au final moyennement attendue par les fans de la première heure. Et c’est bien là que le bât blesse car en parallèle du Multi, l’aventure solo se devait d’être au moins aussi bonne que celle de ses aînés. Malheureusement, c’est loin d’être le cas, même si le tout repose sur les acquis de la série. Ainsi, tout en nous narrant une histoire se déroulant avant les événements des précédents opus, God of War : Ascension se borne à reproduire à l’identique la formule de ses aïeuls sans pour autant y injecter ce zeste d’humour et cette once de folie faisant le charme de la saga. En résulte un titre possédant d’indéniables qualités, mais ne parvenant jamais à se hisser au niveau du deuxième épisode qui reste, avec God of War III, le meilleur représentant de la série à l’heure actuelle. A quoi est dû cet état de fait ? A plusieurs choses, dont un manque cruel d’originalité et d’ambition. Tout d’abord, ce qui prédomine quand on joue au Solo d’Ascension, c’est un fort sentiment de déjà-vu. Que ce soit au niveau du bestiaire (identique ou à peine modifié par rapport à celui de GoW III), de l’agencement des séquences d’action ou de l’évolution des armes, rien ne change. Frustrant, surtout que le level design se montre clairement moins inspiré que celui du précédent volet. Ainsi, on avance comme une âme en peine, on défouraille à tout-va et on résout quelques énigmes durant la trentaine de chapitres réclamant moins de neuf heures pour être bouclés. Un peu léger.

Au-delà de ce ressenti plutôt négatif, subsistent pourtant de bonnes idées qui sont toutefois surexploitées. On pensera ici aux phases de «glisse» durant lesquelles Kratos devra descendre des pans de décor tout en évitant divers éléments. Marrant la première fois, beaucoup moins au bout de quatre ou cinq glissades. Au rayon des choses qui fâchent, mentionnons également certaines énigmes basées sur la rapidité, malgré un gameplay relativement statique à base de blocs à pousser ou de sauts pas toujours très précis. Pour autant, dans l’ensemble, les puzzles s’avèrent plus nombreux tout en se reposant sur deux artefacts : la Pierre du Serment d’Orkos et l’Amulette d’Uroborus. Le premier vous permettra de créer un clone de vous-même qui sera fort utile pour garder un mécanisme enclenché par exemple. Le second artefact servira quant à lui à reconstruire ou à désagréger des éléments du décor afin de pouvoir progresser. Ainsi, au fur et à mesure de votre progression, vous serez amené à combiner ces deux items, ceci nécessitant parfois un peu de jugeote. Rien d’insurmontable et plutôt rafraîchissant entre deux échauffourées qui manquent de dynamisme.

Il est ainsi regrettable de constater que la plupart des rixes lambda d’Ascension manquent d’envergure. Trop longs, parfois confus, ces combats ne servent finalement qu’à remplir les blancs entre des affrontements de boss. Pire, dans la dernière ligne droite, ils deviennent, le temps d’une séquence découpée en trois phases sans checkpoints et orbes de vie, incroyablement pesants. On se rend d’ailleurs compte que les développeurs auraient peut-être dû revoir leur copie en modifiant le système de santé principalement lié à des coffres à dénicher. Rien de nouveau sous le soleil et vous ne serez donc pas étonné d’apprendre qu’il vous faudra une fois de plus récupérer des orbes rouges pour faire grimper le niveau de vos Lames du Chaos afin d’avoir accès à différents combos. Notez tout de même que cette fois, lesdites lames seront uniquement évolutives, l’élément associé (feu, glace, foudre ou ténèbres) venant alors étoffer la panoplie de coups. Cependant, il sera possible de retrouver sur le champ de bataille d’autres armes (épée, lance, masse ou bouclier) une fois occis certains adversaires, l’une remplaçant automatiquement l’autre une fois récupérée. Pourtant, même en y ajoutant quatre pouvoirs élémentaires et un mode Rage éphémère, rien n’y fait, les combats se veulent moins percutants qu’à l’accoutumée. En gros, à l’exception d’un ou deux boss sympathiques, l’aspect «action» de cet Ascension remplit moyennement son office. Dommage, surtout qu’on y trouve encore quelques passages à la mise en scène léchée. Le hic est que le tout est noyé dans un classicisme dont l’aventure ne parvient jamais à s’extirper vraiment.

Même son de cloches concernant la bande-son, de qualité mais trop prévisible et mettant en avant certains choix de doublage étranges à l’image de l’excellent Eric Legrand (éternel Seiya des Chevaliers du Zodiaque) dont le timbre de voix ne correspond pas au personnage qu’il double. Finalement, on aurait aimé que Sony Santa Monica amène de véritables nouveautés d’autant qu’en l’état, le seul véritable ajout en termes de gameplay reste ces finish moves interactifs nous demandant, une fois quelques QTE réussis, de frapper notre ennemi tout en évitant les ultimes coups de l’adversaire avant son trépas. Anecdotique, à l’image de l’histoire qui se montre moyennement intéressante et parfois confuse à cause d’une construction faisant le jeu de retours en arrière scénaristiques. On ne peut ainsi s’empêcher de se dire que les développeurs ont un peu bâclé le Solo afin d’avoir le temps de concevoir un Multi qui tienne la route. Pourtant, le résultat n’est pas non plus à la hauteur.

Le Multi d’Ascension est le triste reflet de son aventure principale, et s’embourbe dans un manque flagrant d’originalité. Pourtant, on peut également y trouver des points positifs, à commencer par la création de son personnage. Ainsi, après avoir prêté allégeance à l’un des quatre dieux disponibles afin d’obtenir diverses faveurs (résistance aux dégâts accrue, augmentation de la mobilité…), vous pourrez customiser votre combattant en récupérant différentes armes, armures et autres compétences synonymes de magies, d’objets et de reliques. A ne pas sous-estimer puisque, par exemple, la Relique de Régénération vous rapportera un peu de magie en réussissant une protection ou une utilisation de grappin. Notez également que si les atouts liés à un dieu ne vous conviennent pas, rien ne vous empêchera de changer de déité et de switcher de Zeus à Ares en passant par Hadès ou bien encore Poséidon. Si le tout est plutôt complet, c’est lorsqu’on lance une partie que ça se gâte. Notons déjà le faible nombre de maps, quatre, auxquelles on rajoutera deux arènes pour le mode Epreuve des Dieux qui s’apparente à un classique mode Horde, seul ou avec un ami. Toutefois, rendons à César ce qui appartient à César, les cartes s’avèrent plutôt bien fichues en renvoyant à des décors d’anciens épisodes et disposent de quelques pièges à actionner et autres armes sur pied comme des lance-flammes ou des arbalètes géantes.

Cependant, les modes sont incroyablement bateau et nous offrent uniquement, en plus de l’Epreuve des Dieux citée au-dessus, la possibilité de profiter d’un Capture the Flag (en 4v4), d’un mode Domination (en 2v2 ou 4v4) et d’un Combat des Champions (pour 4 ou 8 guerriers) dans lequel ce sera chacun pour sa pomme. Frustrant, d’autant que les développeurs ont adapté le gameplay au Multi en proposant des mouvements inédits. Malheureusement, malgré la bonne volonté du studio, le résultat s’avère monstrueusement brouillon dès que plus de quatre combattants se battent en même temps. C’est bien simple, entre les effets spéciaux inondant l’écran et les indications propres aux barres de vie, on peine le plus souvent à savoir où se trouve son personnage. Un peu ennuyeux lorsqu’on réclame de notre part de la rapidité et des réflexes. Au final, la déception est bel et bien là, et si Ascension parvient encore à distiller quelques effluves guerrières, ces dernières se dispersent bien vite dans un maelström de banalité et de nouveautés peu convaincantes, que ce soit seul ou à plusieurs.

Avec une aventure moins inspirée qu’à l’accoutumée et un Multi dispensable, God of War : Ascension n’arrive jamais à la hauteur de ses illustres aînés. Cet opus oublie complètement d’y injecter ce zeste d’originalité, ce soupçon d’audace, cette pincée d’irrévérence qui faisaient tout le charme des autres segments. Pas de quoi boycotter la bête, sachant qu’il y a encore moyen de s’amuser, mais notre regard est déjà tourné vers l’avenir pour voir comment la saga évoluera sur PS4.

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007 Legends : Un Bond en arrière

Si James Bond reste une icône intemporelle ayant brillamment réussi son reboot cinématographique grâce à un Daniel Craig inspiré, on ne peut pas dire que 007 ait eu le même succès sur nos machines. Si on excepte un fabuleux GoldenEye et certains épisodes sympathiques de chez Electronic Arts, les dernières itérations de l’agent secret britannique n’ont pas vraiment déchaîné les foules. Et ce n’est pas près de changer avec 007 Legends puisque c’est tout un mythe que les développeurs d’Eurocom se sont évertués à démolir pixel par pixel.

007 Legends devrait être un cas d’école et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il légitime à lui tout seul ce que peut être un produit essentiellement basé sur une franchise connue en calant sa sortie sur celle d’un film fortement attendu. Ensuite, sa technique, sa construction et le fun qu’il dégage frôlent le zéro absolu tant rien n’a été laissé au hasard puisque tout, absolument tout dans le titre de Eurocom, respire la médiocrité. Pourtant, l’idée de départ est plutôt bonne. Le jeu débute ainsi par une cinématique de Skyfall durant laquelle James tombe d’un train pour atterrir plusieurs mètres en contrebas, dans un lac. C’est alors que l’agent secret, inconscient, se perd dans ses souvenirs renvoyant à ses aventures passées. La transition n’est pas bête même si dans les faits, cette façon de procéder pose quelques soucis. En effet, les films choisis appartenant à plusieurs époques différentes, allant de 1964 à nos jours, l’homogénéité graphique pâtit parfois de ce mélange de modernité et d’ancienneté. De plus, entre une modélisation datée, des bugs graphiques, de l’aliasing, du tearing ou des choix involontairement drôles (la damoiselle en robe et talons aiguilles faisant du tapis de course), on a beaucoup de mal à se projeter dans le jeu. Et ce n’est clairement pas le surplus d’action qui masquera cet état de faits.

En effet, plutôt que de penser son bébé en termes de montée en puissance, Eurocom a tout simplement opté pour une architecture redondante d’un épisode à l’autre. Du coup, chaque stage se déroulera de façon identique, synonyme de traversées de niveaux en ligne droite, de gunfights mous et interminables et de phases de recherche totalement inintéressantes mettant en avant le téléphone portable, l’un des trois gadgets complètement surexploité. Mentionnons tout de même deux passages en véhicules d’un ennui mortel et des combats au corps-à-corps à mourir de rire qu’on devra subir à intervalles réguliers, notamment contre chaque grand méchant ou son bras droit à la fin d’un chapitre. A ce sujet, signalons que vous n’aurez de base accès qu’à Goldfinger, Au Service Secret de Sa Majesté, Permis de Tuer, Meurs un Autre Jour et Moonraker, Skyfall, étant disponible début novembre sous forme de DLC gratuit. En somme, il vous faudra en moyenne une quarantaine de minutes pour boucler un chapitre même si deux ou trois d’entre eux se termineront en cinq minutes environ. Retenez tout de même que la difficulté est extrêmement mal gérée et qu’en Normal, vous devrez parfois batailler pour survivre. Du coup, rien ne vous empêchera d’opter pour une approche furtive d’autant que l’IA des ennemis est au ras des pâquerettes.

Ainsi, si on pourra être rapidement repéré par un garde se trouvant à bonne distance, il sera par contre possible de s’approcher à moins d’un mètre d’un de ses collègues et de l’étourdir via une pression sur le stick droit. En somme, lors de ces passages forcés, on en viendra vite à utiliser nos fléchettes anesthésiantes pour faire le ménage et passer à autre chose… Enfin, si on a de la chance car on a parfois le droit à des bugs gênants débouchant sur des gardes bloqués dans le décor et empêchant ainsi notre progression dans le niveau. Il ne restera alors plus qu’à recharger le dernier checkpoint et à croiser les doigts. Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps mais au final, il faut juste comprendre que la campagne solo est d’une platitude sans nom, malgré la variété des décors, et qu’elle renvoie dix ans en arrière en termes de construction.

Si on n’y reviendra donc pas malgré un système d’expérience permettant de customiser ses armes, ce n’est pas le mode Défis qui arrangera la situation. En effet, on ne voit pas trop ce qui vous poussera à opter pour l’un des quatre challenges puisqu’ils sont sujets aux mêmes errances que le mode principal. En somme, seul le Multijoueur tire son épingle du jeu en disposant de 8 maps et de 12 modes à l’image de Légendes (chacun pour soi), Icare (capture de points stratégiques) ou bien encore l’inévitable Pistolet d’or. Notez que le tout est jouable jusqu’à 12 en ligne ou 4 en écran partagé. Malheureusement, malgré ces modes, amusants à défaut d’être originaux, 007 Legends fait preuve d’un trop grand laxisme à tous les étages pour qu’on lui accorde un intérêt digne de ce nom. Autant investir dans le coffret blu-ray des 22 films de la saga, plus cher mais autrement plus satisfaisant.

Le seul véritable mérite de 007 Legends est de nous donner envie de revoir les anciens James Bond dont il s’inspire. D’un point de vue ludique par contre, c’est le néant. Un level design au rabais, des temps de chargement innommables, des missions ennuyeuses, un gadget surexploité, un visuel vieux de dix ans, des mécaniques de jeu laborieuses, une IA risible, une difficulté mal gérée… Plutôt que de poursuivre, autant laisser le mot de la fin au producteur du titre qui déclarait il y a peu que 007 Legends allait nous ramener en 1997. Il ne croyait pas si bien dire.

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Alan Wake’s American Nightmare : Le dormeur doit se réveiller

Deux ans se seront quasiment écoulés entre le premier Alan Wake et cette nouvelle épopée de l’écrivain maudit. Si d’un point de vue purement technique, l’aspect visuel stagne tout en se complaisant dans un univers graphique ayant déjà fait ses preuves, l’histoire délaisse la ville de Bright Falls pour nous transporter dans un monde télévisuel mû par un flot de ténèbres incessant. Est-ce une bonne raison pour y avancer afin d’en percer les mystères ? Voici quelques lignes qui pourront faire office de phare dans la nuit.

Vous connaissiez Alan Wake l’écrivain mais saviez-vous qu’en plus d’être un auteur à succès, l’homme avait également officié pour la télévision et plus particulièrement le show Night Springs ? Non ? Eh bien, American Nightmare vous propose de plonger dans l’un des épisodes de cette série dont Alan se révèle être le scénariste mais aussi le principal protagoniste. Si l’idée a le mérite d’être intéressante, elle permet également de faire le lien avec le jeu original par le biais d’un travelling nous présentant Barry, endormi devant son poste de télévision diffusant ledit épisode de Night Springs. Pour autant, si la qualité d’écriture est une fois encore indéniable, on regrettera que le tout ne soit qu’un spin-off du jeu de base et délaisse de facto la plupart des personnages principaux. De fait, si les clins d’oeil abondent par le biais d’émissions radio ou de pages de manuscrits, l’impression de passer à côté de quelque chose d’important prévaut et ce n’est pas la fin ouverte qui nous fera dire le contraire. Pour autant, la progression reste limpide même si elle aurait gagné à être plus solide via un synopsis plus conséquent. Pour pallier cet état de fait, les développeurs ont donc choisi la solution la plus simple consistant à orienter leur bébé vers l’action pure et dure.

Si cet aspect était déjà présent dans Alan Wake, il devient ici plus conséquent à cause d’une surface de jeu plus réduite et d’une histoire allant à l’essentiel. En somme, bien qu’on soit toujours en présence d’un jeu d’ambiance, les rixes abondent, ceci conférant alors au tout un aspect assez routinier renforcé par des objectifs limités. On ne sera donc pas étonné de profiter d’une panoplie d’armes plus conséquente allant de l’uzi à la clouteuse en passant par le fusil mitrailleur. Bien entendu, la méthode pour détruire les Possédés consistera toujours à user de sources lumineuses (lampe torche, fusée éclairante…) afin de les affaiblir puis de les désintégrer d’une balle bien placée. Si la technique est efficace, on pestera une fois de plus contre une caméra placée trop près de nous, cela nous empêchant de distinguer les ennemis et d’anticiper leurs réactions, surtout lorsqu’on se retrouve encerclé. Ceci est encore plus vrai dans le cas présent vu que cet épisode intègre de nouvelles créatures plus puissantes, plus véloces ou pouvant se multiplier. Pour autant, vu que le mode Histoire se veut plus accessible que dans les précédents chapitres d’Alan Wake, il ne vous faudra pas plus de cinq heures pour en voir le bout.

Pour rallonger la durée de vie, les Finlandais ont intégré un mode de jeu supplémentaire. Intention louable pour un résultat mitigé puisque le mode Arcade vous demandera simplement d’éliminer des vagues d’ennemis pendant dix minutes jusqu’à ce que l’aube salvatrice arrive. Fort de cinq cartes (on suppose que d’autres arriveront sous forme de DLCs), l’unique objectif consistera à marquer le plus grand nombre de points pour débloquer les cinq maps de base en version Cauchemar. On a connu Remedy plus inspiré. C’est d’ailleurs un peu le constat global de cet Alan Wake’s American Nightmare. Non pas que le tout soit mauvais mais comparativement aux autres chapitres, on pouvait en attendre un peu plus avec une gestation de presque deux ans. Pourtant, en se reposant sur de solides acquis, en proposant des combats plus intenses, trois sections plutôt vastes et ne sacrifiant pas totalement son scénario au profit d’une action néanmoins plus présente, ce nouveau volet d’Alan Wake remplit en partie son office. On aurait simplement aimé que ce spin-off intègre mieux les quelques nouveautés distillées à travers un scénario faisant véritablement avancer le destin de l’écrivain. Au final, en tant qu’amorce scénaristique, American Nightmare représente un départ sympathique. En espérant que tout ceci débouche sur la véritable suite d’Alan Wake.

Si on peut comprendre qu’il était difficile de développer les personnages en quelques heures, on regrettera l’aspect action renforcé et une construction honteusement redondante légitimée par son scénario. Cependant, entre les nombreux hommages à Rod Serling et Stephen King, la réalisation efficace, l’excellente bande-son, la nouvelle panoplie d’armes et le plaisir procuré, on aurait tort de bouder notre plaisir d’autant qu’Alan est encore loin de s’être complètement réveillé.

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Assassin’s Creed Revelations : Un multi qui se sent bien solo

Après avoir épaulé Ezio pendant de deux épisodes, le temps de lui dire adieu est enfin venu. Renouant avec le passé d’Altaïr pour mieux comprendre son présent, l’Italien vogue vers Constantinople sur les traces de ses ancêtres. Une fois encore, le joueur sera le maître d’oeuvre de cette fresque temporelle et devra plus que jamais composer avec les errances mais aussi les qualités d’une série ne demandant qu’à évoluer en parallèle de la destinée de ses protagonistes.

Poursuivant son étude des Templiers, Ubisoft nous emmène cette fois à Constantinople. Si la destination est nouvelle, le guide, lui, est connu de tous. En effet, pour la troisième fois, c’est Ezio Auditore qui se chargera de nous faire visiter les dessous mais aussi les dessus d’une cité tentaculaire s’étendant à perte de vue. Prônant l’exotisme tout en peaufinant un gameplay bien rodé, Revelations entend également nous conter la fin de l’épopée de l’Italien mais aussi de son proche parent, Altaïr. Néanmoins, tempérons nos ardeurs et faisons un point sur le scénario qui s’avère au final extrêmement décevant. Ainsi, à l’image d’un Assassin’s Creed II qui ménageait ses effets pour nous balancer son lot de surprises dans la toute dernière ligne droite, Revelations opte pour une construction similaire. Le résultat se montre donc complètement déséquilibré et surtout synonyme d’une recherche de clefs peu passionnante à travers Constantinople et la Cappadoce.

Le plus embêtant est qu’on retiendra de l’histoire d’Ezio, une simple amourette et quelques rencontres esquissées. Dommage tant certains personnages, Yusuf Tazim et le prince Suleiman en tête, auraient mérité d’être mieux exploités. Toutefois le pire est sûrement le traitement réservé à Altaïr. Ainsi, à partir d’une bonne idée consistant à nous faire revivre des événements à divers moments de sa vie, le résultat final se résume à cinq courtes séquences maladroitement mises en scène et se déroulant toutes à Masyaf. L’ironie de la situation est qu’on se désintéressera totalement de ce qu’on nous raconte malgré l’importance des faits. On souffrira même le martyre lors du quatrième flash-back basé sur une idée originale rendue caduque par un gameplay horripilant. L’autre point étonnant concerne Desmond, prisonnier de l’Animus aux côtés du Sujet 16 et carrément délaissé par les scénaristes. Néanmoins, en récoltant des fragments de la « Matrice » durant l’aventure principale, vous aurez accès à des bouts de mémoire. Ceci donnera alors lieu à des passages en vue subjective dans un univers Tronesque aseptisé où vous aurez à créer des blocs virtuels pour avancer et ainsi accéder à des souvenirs enfouis tout en récoltant des bonus multijoueurs. Etrange n’est-il pas ? Bref, si vous pensiez avoir droit à un épisode auréolé d’un scénario captivant, vous serez sans doute déçu par l’ensemble de l’aventure comportant tout de même une belle cinématique et deux ou trois séquences plus ou moins émouvantes.

Heureusement, le titre peut compter sur d’autres atouts pour nous faire les yeux doux. Comme précisé plus avant, nous aurons cette fois le plaisir de découvrir les ruelles bigarrées de Constantinople sous un beau soleil d’Orient. Renvoyant par certains côtés aux ambiances plus chaudes du premier Assassin’s Creed, la métropole turque resplendit entre les mains des artistes d’Ubisoft. On appréciera de la visiter de fond en comble aussi bien d’un point de vue horizontal que vertical. A ce sujet, notons l’arrivée du crochet utile pour utiliser des tyroliennes afin de se déplacer plus rapidement entre différents points. Bien entendu, il sera toujours possible d’user du système d’égouts afin d’être téléporté d’un endroit à l’autre. Cependant, on prendra plaisir à user de notre nouveau jouet vu que ce dernier permettra d’effectuer des assassinats aériens depuis ladite tyrolienne mais aussi d’être plus réactif en combat. De fait, en courant vers un garde et en appuyant au bon moment, vous pourrez effectuer une esquive pour passer dans le dos de votre adversaire ou tout simplement le projeter avec force. Jouissif. Enfin, précisons que le crochet sera aussi particulièrement utile pour grimper plus vite et ainsi échapper facilement aux nombreux templiers en patrouille.

Au rayon des petites nouveautés, on notera aussi l’arrivée des bombes, souvent mises à contribution pour détourner l’attention des gardes afin de s’infiltrer. Notez tout de même que cette utilisation ne s’arrêtera pas là puisqu’il est possible de créer quantité de bombes différentes, regroupées sous 3 types (mortelles, tactiques et diversions) et ayant chacune des caractéristiques particulières. Par exemple, si la capsule à mèche rebondira sur les surfaces et mettra 3 secondes à exploser, vous pourrez user de bombes Datura pour paralyser l’ennemi ou de bombes Tonnerre pour blesser vos ennemis. Il ne tiendra alors qu’à vous d’acheter ou de trouver les nombreux matériaux afin de faire votre popote. Si ce craft vous prendra déjà pas mal de temps, Revelations vous conviera, tout comme Brotherhood, à plusieurs activités annexes. De fait, on retrouvera avec plaisir la gestion de nos assassins que nous pouvons envoyer en mission pour leur faire gagner de l’expérience. Cependant, le tout sera désormais bien plus complexe. Vous devrez ainsi parfois assigner des assassins d’une certaine classe sur des missions puis nommer un chef et des lieutenants afin d’établir votre emprise sur une ville tout en évitant qu’elle se fasse reprendre par les templiers. Ensuite, en fonction des missions effectuées (d’influence ou de domination), vous obtiendrez plus ou moins d’argent, d’expérience ou d’ingrédients pour les bombes d’Ezio. Bref, tout en devenant enfin intéressantes grâce à un aspect stratégique plus poussé, ces phases seront plus que jamais liées à l’aventure principale. D’autant plus vrai que vous pourrez à nouveau appeler vos hommes en renfort lors d’un combat ou d’une séquence d’infiltration afin qu’ils éclaircissent les rangs ennemis.

A ce sujet, on remarquera la volonté d’Ubi de proposer des missions un peu plus variées sous couvert de pas mal d’humour ou d’une meilleure utilisation de notre vision d’aigle. Cette dernière sera davantage mise en avant pour repérer nos cibles parmi la foule, connaître les rondes des gardes ou tout simplement suivre le chemin emprunté par notre future victime grâce à son « fantôme ». En parallèle des objectifs obligatoires, on profitera d’un nouveau mini-jeu consistant à défendre nos repaires d’assassins. Mais avant cela, vous devrez bien entendu prendre possession des quartiers de Constantinople en éliminant les chefs rattachés à chaque zone. Une fois que vous serez propriétaire de l’endroit, il arrivera parfois, notamment à la suite d’actes répréhensibles, que les templiers attaquent votre repaire. S’en suivra alors une phase où Ezio devra placer judicieusement ses troupes sur les toits ou dans la rue menant à une de ses bases afin d’endiguer les vagues successives d’ennemis. Du coup, il faudra prendre en compte les différentes unités (arbalétriers, fusiliers, poseurs de bombes…) tout en faisant attention au moral de vos assassins grâce au placement de chefs. Original mais au final moyennement intéressant. En somme, l’aventure solo vaudra davantage pour le dépaysement véhiculé par Constantinople sans oublier l’ambiance toujours aussi fabuleuse, véritable marque de fabrique de la série. En parallèle, difficile d’oublier le multijoueur qui est ici bien plus complet que celui de Brotherhood.

Sur ce point, on ne fera pas la fine bouche tant Ubisoft Annecy a travaillé d’arrache-pied. Par conséquent, en plus d’une progression scénarisée qui nous vaudra de pénétrer dans l’intimité des templiers, on retrouvera tous les anciens modes de jeu plus deux petits nouveaux : Deathmatch et Assaut de Reliques. Si le premier peine un peu à convaincre à cause d’une action plus frénétique seyant moyennement à Assassin’s Creed, le second, en 4V4, s’avère par contre aussi prenant que Chasse à l’Homme. Ainsi, si Deathmatch opte pour des cartes très petites afin d’apporter du dynamisme synonyme d’assassinats plus nombreux, Assaut de Reliques nous demandera de protéger un artefact tout en essayant de chaparder celui de nos adversaires. Bien fichu et profitant de nouvelles maps très agréables, pensées afin de nous permettre d’utiliser nos nouveaux mouvements et gadgets, ce mode réveillera en vous l’esprit d’équipe puisqu’il faudra élaborer une stratégie alliant défense et attaque. A côté de ça, on appréciera aussi les nombreux ajustements tant pendant les parties que durant l’attente de l’une d’entre elles qui se fera désormais dans un véritable lobby. L’occasion de reluquer le profil de ses adversaires ou tout simplement de customiser son avatar. A ce sujet, rien à dire vu que le tout est beaucoup plus conséquent qu’auparavant. Il faudra néanmoins se faire au nouveau système de déblocage de techniques et d’équipements désormais lié à notre montée de niveau. En somme, en plus de profiter de plusieurs cinématiques correspondantes à certains paliers de notre évolution, on gagnera des crédits Asbertgo utilisables pour acheter des pièces d’équipement, des humiliations, etc.

Comme on peut le constater, si Ubi réalise un sans-fautes sur le multijoueur, l’aventure solo aura peut-être plus de peine à convaincre. Si en soi, l’immersion atteint encore un incroyable niveau qualitatif, on ne peut pas vraiment en dire autant de l’histoire relativement bâclée avec une construction scénaristique déséquilibrée. De plus, si la jouabilité a été améliorée, elle n’en demeure pas moins encore une fois imparfaite. En effet, entre des déplacements crispants synonymes de grimpettes intempestives et des mécanismes tournant un peu en rond, les phases d’infiltration ressemblent plus que jamais à de gigantesques parties de cache cache. Pourtant, en marge de ces défauts, les développeurs ont eu la clairvoyance d’inclure certaines nouveautés réussissant à palier la plupart des problèmes énoncés. Une façon comme une autre de trouver un équilibre, précaire par certains côtés mais suffisant pour amuser une fois de plus le joueur. Néanmoins, afin que le réveil ne soit pas trop brutal, il faudra qu’Ubisoft reprenne sa copie pour les futurs épisodes en gommant ce qu’il y a à gommer et en améliorant ce qu’il y a à améliorer. La tâche ne semblant pas insurmontable, croisons les doigts pour que la quête de vérité de Desmond s’affranchisse une fois pour toutes des limites imposées par ses ancêtres.

Alors qu’on était en droit d’attendre un épisode rendant un magnifique hommage à Ezio et Altaïr, Assassin’s Creed Revelations déçoit clairement de ce point de vue-là. Néanmoins, si le synopsis aurait gagné à être plus consistant, l’ambiance de la série couplée à quelques bonnes idées suffisent à nous hypnotiser une fois de plus. Entre un multijoueur bien mieux pensé et intégré ainsi que de nouveaux éléments de gameplay intéressants, il sera difficile de ne pas succomber une fois encore. Toutefois, si la série veut perdurer dans le coeur des fans, elle devra coûte que coûte régler quantité de petits problèmes liés à la jouabilité tout en consolidant l’aspect scénaristique afin d’égaler les premier et deuxième opus.

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Batman Arkham City : The Wayne of life

En un jeu, Rocksteady aura redéfini les codes du jeu de super-héros. Mature, profond, splendide et profitant d’un gameplay souple et efficace, Batman Arkham Asylum aura révélé une société et transfiguré un super-héros de légende. Dire qu’on attendait Batman Arkham City tient de l’euphémisme et le moins qu’on puisse dire et que l’attente en valait vraiment la peine.

Quand il n’y a plus de place en Enfer, les malfrats reviennent sur Terre. Tel aurait pu être le leitmotiv de Gotham City après la fermeture de l’asile d’Arkham. C’était sans compter le plan ingénieux d’Hugo Strange, psychiatre de Quincy Sharp récemment promu maire de ladite ville. Les deux hommes ont ainsi l’idée d’enfermer la vermine grouillante dans une partie de la cité reconvertie en prison géante et renommée pour l’occasion Arkham City. Si la solution miracle semblait avoir été trouvée, certaines voix s’élèvent contre celle-ci à commencer par celle du milliardaire Bruce Wayne. Usant d’appuis de toutes sortes, Strange réussit à enfermer le play-boy, ainsi que son alter ego Batman, dans ce chaos sans nom… pour le plus grand malheur des voleurs et autres psychopathes notoires. Scénaristiquement parlant, Arkham City use de tous les ressorts possibles pour brosser le fan dans le bon sens du poil. Apparition furtive ou non de personnages emblématiques, divers lieux cultes à découvrir au sein de la ville-prison, quantité de documents venant consolider une mythologie foisonnante, etc.

Pourtant, l’histoire peine déjà plus à convaincre à cause d’un élément primordial : le Protocole 10. Ce dernier reste constamment au centre de l’intrigue et la révélation finale n’en sera que plus décevante tant celle-ci verse dans un certain conventionnalisme. Si on eut aimé un scénario beaucoup plus centré sur Batman, à l’image de celui du Fantôme Masqué ou de Under the Red Hood, l’aventure d’Arkham City peut toutefois compter sur un ensemble de rencontres toutes plus délectables les unes que les autres. En somme, le plaisir qu’on aura à suivre l’histoire viendra plus des face à face avec les grandes figures du comics que du vrai fil rouge. Néanmoins, on pourra aussi se satisfaire des nombreux documents étoffant le lore ou des conversations entre gardes, tantôt riches en infos, tantôt amusantes. Cet aspect du jeu vous incitera même à survoler la ville de long en large pour ne pas en perdre une miette. Ce sera aussi le moyen de découvrir des surprises et autres quêtes annexes. Sur ce point, Rocksteady ne s’est pas moqué de nous tant le contenu a de quoi donner le tournis. On peut ainsi compter sur une quinzaine d’heures pour boucler l’aventure principale. A ceci, on rajoutera les innombrables défis de Nigma (items à récupérer, otages à sauver) et ceux de ses petits camarades, les entraînements en vol et les missions secondaires qui vous permettront de rencontrer plusieurs personnages à l’image de Bane pour ne citer que ce dernier.

En sus des Défis Combat et Prédateur, on trouve également les Campagnes Nigma. Celles-ci se montrent cependant sans intérêt puisque composées de trois Défis (identiques à ceux de base) à accomplir à la suite en utilisant des malus ou bonus obligatoires. Retenez aussi que vous pourrez créer vos propres défis en choisissant le type, la map, le nombre d’ennemis, etc. Enfin, outre Batman, Catwoman aura droit à sa propre aventure. Tempérons tout de même nos ardeurs car si le gameplay de celle-ci est exquis et parfaitement adapté à la personnalité de la féline, sa place s’avère limitée. En effet, en tout et pour tout, vous n’aurez droit qu’à quatre chapitres faisant le lien entre des séquences de l’intrigue principale. Nonobstant, il sera possible, une fois le jeu terminé, de switcher à sa guise entre Batman et Catwoman afin de terminer tous les défis propres aux deux héros. En parlant de Selina Kyle, précisons que les techniques de la belle seront similaires à celles de son homologue masculin. Néanmoins, vous devrez principalement compter sur ses capacités pour vous défaire des margoulins peuplant la surface de combat. Pas de panique puisqu’au final, si on dispose de moins de gadgets que Batman, on s’y retrouve parfaitement d’autant que la grâce féline de la damoiselle n’a d’égale que sa férocité. Le système de combat FreeFlow prend alors une dimension majestueuse quand on passe d’un ennemi à l’autre. De plus, les finish moves supplémentaires couplés à quelques mouvements inédits auront tôt fait de faire gonfler vos combos en engrangeant de l’expérience.

A ce niveau, rien de neuf puisqu’en gagnant des niveaux, vous pourrez débloquer des capacités et ainsi de suite. Utile pour contrer les nouveaux types d’ennemis, armés de boucliers notamment. Si les combats sont donc irréprochables, les phases d’infiltration ne sont pas en reste. Vous devrez cette fois faire beaucoup plus attention à votre approche sachant que l’IA des ennemis a été grandement améliorée. En somme, s’il sera encore question d’éliminations silencieuses et de pas feutrés, vous devrez très souvent user de votre environnement pour vous sortir d’un mauvais pas. Désormais, lorsqu’un ennemi se fera assommer, ses camarades de jeu vous chercheront beaucoup plus activement en inspectant les gargouilles, les grilles, en balançant des grenades, en posant des mines. De plus, à intervalles réguliers, certains gardes auront des brouilleurs de radars qui empêcheront Batman d’utiliser son mode Détection. Il faudra alors travailler à l’ancienne en éliminant l’intrus avant d’être à nouveau en pleine possession de ses moyens. Le petit plus consistera à coupler ces techniques avec vos nouveaux gadgets. Coup de givre pour glacer les gardes, charge électrique, bombe fumigène, vous n’aurez que l’embarras du choix pour varier les plaisirs. Et comme si ça ne suffisait pas, tout cet attirail vous sera également très utile lors des combats contre les boss.

Alors qu’Arkham Asylum péchait clairement à ce niveau, Arkham City frappe un grand coup. On est très loin de certains jeux versant dans la surenchère puisque les combats sont plus «posés» mais sachant que cet aspect sied bien mieux à l’univers du Dark Knight, on ne s’en plaindra pas. Ces affrontements seront aussi l’occasion de croiser la route de super-vilains plus ou moins connus tout en mettant à profit des approches spécifiques. De fait, si le combat contre Solomon Grundy sera basé sur l’esquive et l’attaque à distance, celui de Freeze vous demandera de la jugeote et du doigté. Une excellente idée qui contrastera d’autant plus avec les affrontements lambda misant principalement sur les réflexes. En somme, les développeurs britanniques ont gommé les quelques soucis du passé tout en améliorant le fond et la forme qui ne souffraient déjà pas à l’origine de véritables carences. Au final, ce titre est-il parfait ? Oui et non car comme on l’a vu plus haut, le scénario peut décevoir même si cet avis reste purement subjectif. On notera en outre des recherches d’indices toujours aussi anecdotiques du fait de la petitesse des endroits à scanner ainsi que des interrogatoires totalement secondaires. Cependant, rendons à César ce qui appartient à César. Si lesdits interrogatoires ne seront synonymes que de gardes à ménager durant une rixe, ceux-ci vous renseigneront ensuite sur les emplacements des diverses énigmes de Nigma. Peu intéressant dans la façon de faire mais finalement fort utile.

En fin de compte, ces éléments servent plus à faire avancer l’histoire qu’à consolider le gameplay. On pourra trouver cela un peu dommage même si je ne doute pas que tout ceci sera repensé et mieux intégré dans une éventuelle suite. Pour l’heure, inutile de chercher la petite bête tant Batman Arkham City a à nous offrir et tant l’amour de Rocksteady pour son héros force à nouveau le respect. Chantant du début à la fin les louanges du Chevalier Noir, le titre nous conforte dans l’idée que le jeu vidéo a définitivement rejoint le cinéma en termes de maturité. Torturé mais plus que jamais animé des meilleures intentions, Batman s’envole avec grâce vers un avenir vidéoludique radieux.

Difficile de trouver un véritable défaut à ce Batman Arkham City qui a balayé d’un revers de main les problèmes de son aîné. On pourra pester contre les phases de recherches d’indices aussi inutiles que par le passé, la redondance de certains modes de jeu mais au final, cela aura peu d’incidence sur le plaisir qu’on éprouve à parcourir le jeu de Rocksteady. Une fois de plus, les développeurs anglais ont mis tout leur talent et leur amour du Dark Knight au service d’un grand jeu. Somptueux dans la forme, Arkham City se positionne de lui-même comme le modèle à suivre, l’exemple qu’on se devra de citer quand on évoquera le super-héros vidéoludique. Plus que jamais d’actualité, la création de Bob Kane conserve ici son immortalité.

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Castlevania : Lords of Shadow – Sang pour sang original ?

Fer de lance de Konami, Castlevania aura montré au fil du temps une véritable cohérence artistique synonyme d’évolution qualitative constante à quelques exceptions près. On pouvait donc craindre, après l’expérience HD de Silent Hill, que la saga ne périclite dans les mains du studio espagnol MercurySteam. C’est tout le contraire puisque si les développeurs ont opté pour des valeurs refuge, la qualité de ce Lords of Shadow en surprendra plus d’un.

Le destin des héros vidéoludiques n’est généralement pas des plus enviables. Prenez Gabriel Belmont. Le pauvre bougre a perdu sa femme et va, tel Dante, passer par bien des épreuves pour tenter de ramener sa belle d’entre les morts. Chemin faisant, il va croiser la route de personnages hauts en couleur, d’une mystérieuse demoiselle accompagnée de son gardien de métal au satyre Pan en passant par un compagnon d’armes du nom de Zobek. MercurySteam s’est employé à récupérer des éléments issus du folklore européen pour offrir à ce Lords of Shadow une délicieuse ambiance de conte de fées gothique renforcée par un doublage anglais servi par un casting 5 étoiles. Si la structure narrative du titre est classique dans son déroulement, elle profite néanmoins d’une mise en scène intéressante. Celle-ci se permet même quelques plans s’appuyant sur des artifices connus (ralentis, cabrioles et autres postures iconiques) afin de donner au soft une atmosphère des plus hollywoodiennes. Ce point ne plaira peut-être pas aux vieux de la vieille mais qu’importe, Lords of Shadow assume ses liens de parenté avec plusieurs blockbusters vidéoludiques et le résultat se veut des plus impressionnants.

En tout premier lieu, on saluera l’éclectisme environnemental qui, paradoxalement, ne rompt en rien le charme et la cohérence graphique de l’ensemble. De fait, on appréciera de passer par une pléthore de décors tous plus différents les uns des autres. Bien sûr, on retrouve les passages obligés (cimetière, village désert, château perché au sommet d’une montagne enneigée) mais les artistes espagnols se sont pliés en quatre pour sublimer leurs créations via des éclairages diffus offrant à certains plans une beauté à couper le souffle. Pour autant, tout n’est pas parfait puisqu’on notera tout du long de l’aventure de vilaines traces d’aliasing venant parfois minimiser la réussite graphique de quelques plans. Rien de bien grave cependant dans le sens où vous serez la plupart du temps occupé à abattre des hordes d’ennemis. Ici aussi, c’est une franche réussite, les cosmogonies européennes offrant un bestiaire conséquent d’où émergera l’inévitable vampire, le puissant loup-garou, la fée virevoltante, les goules, etc. Notez par ailleurs qu’il sera possible de grimper sur plusieurs créatures pour vous sortir d’une mauvaise passe.

Si le « dressage » de monstres sera toujours induit par une véritable nécessité, cet aspect demeure moins gadget que dans d’autres jeux. Vous devrez ainsi prendre possession d’un sanglier géant ou d’un troll pour défoncer des portes, grimper sur le paletot d’une araignée pour créer un pont de toile ou chevaucher un loup-garou pour sauter au-dessus de précipices. Marrant, beaucoup plus en tout cas que la présence des Chupacabras, ces petits êtres ayant tendance à vous piquer vos reliques et à décamper jusqu’à ce que vous retrouviez leur trace après une partie de cache-cache. Peu intéressant si ce n’est pour reluquer un niveau sous toutes les coutures. Le hic est que les développeurs se sont bornés à recycler cette idée plusieurs fois. Étrange car cela réduit d’autant plus le rythme du jeu et que l’ensemble dispose de suffisamment de variété pour tenir le joueur éveillé. A ce sujet, on pourra évoquer les inévitables phases de plates-formes centrées autour de la croix de combat faisant aussi office de fouet. A ceci, on rajoutera quelques énigmes peu évoluées mais permettant de souffler entre deux rixes. Au sujet de ces dernières, précisons d’emblée qu’elles s’appuient sur un mélange d’actions contextuelles, de contres, choppes et de divers combos, le tout étant saupoudré de magie.

En lieu et place de véritables sorts, vous pourrez user de la magie des ténèbres et de la lumière, chacune étant liée à une jauge. En utilisant la première, vous pourrez frapper plus fort alors que la seconde vous permettra de regagner de la vitalité. Mais ce n’est pas tout puisqu’en associant plusieurs touches, vous pourrez canaliser vos coups, courir plus vite pour défoncer des parois ou sauter plus loin. A ce stade, l’influence de Devil May Cry est aussi évidente que celle de Shadow of the Colossus lors de deux combats mémorables où il conviendra de monter sur un géant pour détruire plusieurs de ses points vitaux. Mais revenons brièvement sur le système de combat. Comme vous pouvez vous en douter, vous aurez l’occasion d’acheter de nouveaux mouvements ou d’upgrader ceux déjà acquis. Au final, on profitera d’une bonne panoplie d’attaques aériennes ou terrestres auxquelles viendront s’ajouter des contres (à réaliser en respectant un timing) pour lancer de fulgurantes contre-attaques. Enfin, outre des dagues et des fées pour perturber l’adversaire, il sera possible d’user d’un cristal noir pour invoquer un démon des plus impressionnants.

Sur le plan de la diversité, Lords of Shadow s’en sort donc avec les honneurs. Oui, il reprend à droite et à gauche toutes les idées qui ont fait le succès de dizaines de beat’em all mais cela ne gâche en rien l’expérience. Au contraire, ces influences apportent un souffle épique à l’aventure dont le tempo ne faiblit quasiment jamais. Bien entendu, chacun des 12 chapitres du périple de Gabriel ne réserve pas autant de surprises mais il serait hypocrite de pointer du doigt ce détail dans le sens où MercurySteam a essayé, et réussi, à pallier ce défaut en maximisant une fois encore sur la pluralité des paysages. Le jeu étant par ailleurs peu avare en contenu à débloquer, on aura tôt fait de revenir dans les niveaux déjà visités pour glaner telle ou telle évolution sans pour autant éprouver un trop fort sentiment de lassitude. Dès lors, à vous de vivre l’aventure comme vous le souhaitez mais sachez que pour apprécier pleinement cette nouvelle épopée d’un Belmont, il vous faudra faire table rase du passé en acceptant que la série fasse désormais du gringue au beat’em all en omettant quelque peu la dimension aventure-RPG chère aux précédents volets.

Alors qu’on pourra taxer Castlevania : Lords of Shadow de simple pot-pourri vidéoludique, force est de reconnaître que, paradoxalement, le mélange d’influences sied à merveille au renouveau de la série en lui offrant une véritable cohérence et surtout une touche plus démesurée que jamais. Multipliant les clins d’oeil à Devil May Cry, Shadow of the Colossus ou God of War, ce nouveau cru de Castlevania opte pour une évolution, certes plus grand public, mais aussi et surtout une vision romancée et hollywoodienne à la fois d’une saga légendaire. MercurySteam signe un bel exploit tout en tenant la dragée haute aux ténors du genre. Nous n’en attendions pas tant.