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Alan Wake’s American Nightmare : Le dormeur doit se réveiller

Deux ans se seront quasiment écoulés entre le premier Alan Wake et cette nouvelle épopée de l’écrivain maudit. Si d’un point de vue purement technique, l’aspect visuel stagne tout en se complaisant dans un univers graphique ayant déjà fait ses preuves, l’histoire délaisse la ville de Bright Falls pour nous transporter dans un monde télévisuel mû par un flot de ténèbres incessant. Est-ce une bonne raison pour y avancer afin d’en percer les mystères ? Voici quelques lignes qui pourront faire office de phare dans la nuit.

Vous connaissiez Alan Wake l’écrivain mais saviez-vous qu’en plus d’être un auteur à succès, l’homme avait également officié pour la télévision et plus particulièrement le show Night Springs ? Non ? Eh bien, American Nightmare vous propose de plonger dans l’un des épisodes de cette série dont Alan se révèle être le scénariste mais aussi le principal protagoniste. Si l’idée a le mérite d’être intéressante, elle permet également de faire le lien avec le jeu original par le biais d’un travelling nous présentant Barry, endormi devant son poste de télévision diffusant ledit épisode de Night Springs. Pour autant, si la qualité d’écriture est une fois encore indéniable, on regrettera que le tout ne soit qu’un spin-off du jeu de base et délaisse de facto la plupart des personnages principaux. De fait, si les clins d’oeil abondent par le biais d’émissions radio ou de pages de manuscrits, l’impression de passer à côté de quelque chose d’important prévaut et ce n’est pas la fin ouverte qui nous fera dire le contraire. Pour autant, la progression reste limpide même si elle aurait gagné à être plus solide via un synopsis plus conséquent. Pour pallier cet état de fait, les développeurs ont donc choisi la solution la plus simple consistant à orienter leur bébé vers l’action pure et dure.

Si cet aspect était déjà présent dans Alan Wake, il devient ici plus conséquent à cause d’une surface de jeu plus réduite et d’une histoire allant à l’essentiel. En somme, bien qu’on soit toujours en présence d’un jeu d’ambiance, les rixes abondent, ceci conférant alors au tout un aspect assez routinier renforcé par des objectifs limités. On ne sera donc pas étonné de profiter d’une panoplie d’armes plus conséquente allant de l’uzi à la clouteuse en passant par le fusil mitrailleur. Bien entendu, la méthode pour détruire les Possédés consistera toujours à user de sources lumineuses (lampe torche, fusée éclairante…) afin de les affaiblir puis de les désintégrer d’une balle bien placée. Si la technique est efficace, on pestera une fois de plus contre une caméra placée trop près de nous, cela nous empêchant de distinguer les ennemis et d’anticiper leurs réactions, surtout lorsqu’on se retrouve encerclé. Ceci est encore plus vrai dans le cas présent vu que cet épisode intègre de nouvelles créatures plus puissantes, plus véloces ou pouvant se multiplier. Pour autant, vu que le mode Histoire se veut plus accessible que dans les précédents chapitres d’Alan Wake, il ne vous faudra pas plus de cinq heures pour en voir le bout.

Pour rallonger la durée de vie, les Finlandais ont intégré un mode de jeu supplémentaire. Intention louable pour un résultat mitigé puisque le mode Arcade vous demandera simplement d’éliminer des vagues d’ennemis pendant dix minutes jusqu’à ce que l’aube salvatrice arrive. Fort de cinq cartes (on suppose que d’autres arriveront sous forme de DLCs), l’unique objectif consistera à marquer le plus grand nombre de points pour débloquer les cinq maps de base en version Cauchemar. On a connu Remedy plus inspiré. C’est d’ailleurs un peu le constat global de cet Alan Wake’s American Nightmare. Non pas que le tout soit mauvais mais comparativement aux autres chapitres, on pouvait en attendre un peu plus avec une gestation de presque deux ans. Pourtant, en se reposant sur de solides acquis, en proposant des combats plus intenses, trois sections plutôt vastes et ne sacrifiant pas totalement son scénario au profit d’une action néanmoins plus présente, ce nouveau volet d’Alan Wake remplit en partie son office. On aurait simplement aimé que ce spin-off intègre mieux les quelques nouveautés distillées à travers un scénario faisant véritablement avancer le destin de l’écrivain. Au final, en tant qu’amorce scénaristique, American Nightmare représente un départ sympathique. En espérant que tout ceci débouche sur la véritable suite d’Alan Wake.

Si on peut comprendre qu’il était difficile de développer les personnages en quelques heures, on regrettera l’aspect action renforcé et une construction honteusement redondante légitimée par son scénario. Cependant, entre les nombreux hommages à Rod Serling et Stephen King, la réalisation efficace, l’excellente bande-son, la nouvelle panoplie d’armes et le plaisir procuré, on aurait tort de bouder notre plaisir d’autant qu’Alan est encore loin de s’être complètement réveillé.

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Batman Arkham City : The Wayne of life

En un jeu, Rocksteady aura redéfini les codes du jeu de super-héros. Mature, profond, splendide et profitant d’un gameplay souple et efficace, Batman Arkham Asylum aura révélé une société et transfiguré un super-héros de légende. Dire qu’on attendait Batman Arkham City tient de l’euphémisme et le moins qu’on puisse dire et que l’attente en valait vraiment la peine.

Quand il n’y a plus de place en Enfer, les malfrats reviennent sur Terre. Tel aurait pu être le leitmotiv de Gotham City après la fermeture de l’asile d’Arkham. C’était sans compter le plan ingénieux d’Hugo Strange, psychiatre de Quincy Sharp récemment promu maire de ladite ville. Les deux hommes ont ainsi l’idée d’enfermer la vermine grouillante dans une partie de la cité reconvertie en prison géante et renommée pour l’occasion Arkham City. Si la solution miracle semblait avoir été trouvée, certaines voix s’élèvent contre celle-ci à commencer par celle du milliardaire Bruce Wayne. Usant d’appuis de toutes sortes, Strange réussit à enfermer le play-boy, ainsi que son alter ego Batman, dans ce chaos sans nom… pour le plus grand malheur des voleurs et autres psychopathes notoires. Scénaristiquement parlant, Arkham City use de tous les ressorts possibles pour brosser le fan dans le bon sens du poil. Apparition furtive ou non de personnages emblématiques, divers lieux cultes à découvrir au sein de la ville-prison, quantité de documents venant consolider une mythologie foisonnante, etc.

Pourtant, l’histoire peine déjà plus à convaincre à cause d’un élément primordial : le Protocole 10. Ce dernier reste constamment au centre de l’intrigue et la révélation finale n’en sera que plus décevante tant celle-ci verse dans un certain conventionnalisme. Si on eut aimé un scénario beaucoup plus centré sur Batman, à l’image de celui du Fantôme Masqué ou de Under the Red Hood, l’aventure d’Arkham City peut toutefois compter sur un ensemble de rencontres toutes plus délectables les unes que les autres. En somme, le plaisir qu’on aura à suivre l’histoire viendra plus des face à face avec les grandes figures du comics que du vrai fil rouge. Néanmoins, on pourra aussi se satisfaire des nombreux documents étoffant le lore ou des conversations entre gardes, tantôt riches en infos, tantôt amusantes. Cet aspect du jeu vous incitera même à survoler la ville de long en large pour ne pas en perdre une miette. Ce sera aussi le moyen de découvrir des surprises et autres quêtes annexes. Sur ce point, Rocksteady ne s’est pas moqué de nous tant le contenu a de quoi donner le tournis. On peut ainsi compter sur une quinzaine d’heures pour boucler l’aventure principale. A ceci, on rajoutera les innombrables défis de Nigma (items à récupérer, otages à sauver) et ceux de ses petits camarades, les entraînements en vol et les missions secondaires qui vous permettront de rencontrer plusieurs personnages à l’image de Bane pour ne citer que ce dernier.

En sus des Défis Combat et Prédateur, on trouve également les Campagnes Nigma. Celles-ci se montrent cependant sans intérêt puisque composées de trois Défis (identiques à ceux de base) à accomplir à la suite en utilisant des malus ou bonus obligatoires. Retenez aussi que vous pourrez créer vos propres défis en choisissant le type, la map, le nombre d’ennemis, etc. Enfin, outre Batman, Catwoman aura droit à sa propre aventure. Tempérons tout de même nos ardeurs car si le gameplay de celle-ci est exquis et parfaitement adapté à la personnalité de la féline, sa place s’avère limitée. En effet, en tout et pour tout, vous n’aurez droit qu’à quatre chapitres faisant le lien entre des séquences de l’intrigue principale. Nonobstant, il sera possible, une fois le jeu terminé, de switcher à sa guise entre Batman et Catwoman afin de terminer tous les défis propres aux deux héros. En parlant de Selina Kyle, précisons que les techniques de la belle seront similaires à celles de son homologue masculin. Néanmoins, vous devrez principalement compter sur ses capacités pour vous défaire des margoulins peuplant la surface de combat. Pas de panique puisqu’au final, si on dispose de moins de gadgets que Batman, on s’y retrouve parfaitement d’autant que la grâce féline de la damoiselle n’a d’égale que sa férocité. Le système de combat FreeFlow prend alors une dimension majestueuse quand on passe d’un ennemi à l’autre. De plus, les finish moves supplémentaires couplés à quelques mouvements inédits auront tôt fait de faire gonfler vos combos en engrangeant de l’expérience.

A ce niveau, rien de neuf puisqu’en gagnant des niveaux, vous pourrez débloquer des capacités et ainsi de suite. Utile pour contrer les nouveaux types d’ennemis, armés de boucliers notamment. Si les combats sont donc irréprochables, les phases d’infiltration ne sont pas en reste. Vous devrez cette fois faire beaucoup plus attention à votre approche sachant que l’IA des ennemis a été grandement améliorée. En somme, s’il sera encore question d’éliminations silencieuses et de pas feutrés, vous devrez très souvent user de votre environnement pour vous sortir d’un mauvais pas. Désormais, lorsqu’un ennemi se fera assommer, ses camarades de jeu vous chercheront beaucoup plus activement en inspectant les gargouilles, les grilles, en balançant des grenades, en posant des mines. De plus, à intervalles réguliers, certains gardes auront des brouilleurs de radars qui empêcheront Batman d’utiliser son mode Détection. Il faudra alors travailler à l’ancienne en éliminant l’intrus avant d’être à nouveau en pleine possession de ses moyens. Le petit plus consistera à coupler ces techniques avec vos nouveaux gadgets. Coup de givre pour glacer les gardes, charge électrique, bombe fumigène, vous n’aurez que l’embarras du choix pour varier les plaisirs. Et comme si ça ne suffisait pas, tout cet attirail vous sera également très utile lors des combats contre les boss.

Alors qu’Arkham Asylum péchait clairement à ce niveau, Arkham City frappe un grand coup. On est très loin de certains jeux versant dans la surenchère puisque les combats sont plus «posés» mais sachant que cet aspect sied bien mieux à l’univers du Dark Knight, on ne s’en plaindra pas. Ces affrontements seront aussi l’occasion de croiser la route de super-vilains plus ou moins connus tout en mettant à profit des approches spécifiques. De fait, si le combat contre Solomon Grundy sera basé sur l’esquive et l’attaque à distance, celui de Freeze vous demandera de la jugeote et du doigté. Une excellente idée qui contrastera d’autant plus avec les affrontements lambda misant principalement sur les réflexes. En somme, les développeurs britanniques ont gommé les quelques soucis du passé tout en améliorant le fond et la forme qui ne souffraient déjà pas à l’origine de véritables carences. Au final, ce titre est-il parfait ? Oui et non car comme on l’a vu plus haut, le scénario peut décevoir même si cet avis reste purement subjectif. On notera en outre des recherches d’indices toujours aussi anecdotiques du fait de la petitesse des endroits à scanner ainsi que des interrogatoires totalement secondaires. Cependant, rendons à César ce qui appartient à César. Si lesdits interrogatoires ne seront synonymes que de gardes à ménager durant une rixe, ceux-ci vous renseigneront ensuite sur les emplacements des diverses énigmes de Nigma. Peu intéressant dans la façon de faire mais finalement fort utile.

En fin de compte, ces éléments servent plus à faire avancer l’histoire qu’à consolider le gameplay. On pourra trouver cela un peu dommage même si je ne doute pas que tout ceci sera repensé et mieux intégré dans une éventuelle suite. Pour l’heure, inutile de chercher la petite bête tant Batman Arkham City a à nous offrir et tant l’amour de Rocksteady pour son héros force à nouveau le respect. Chantant du début à la fin les louanges du Chevalier Noir, le titre nous conforte dans l’idée que le jeu vidéo a définitivement rejoint le cinéma en termes de maturité. Torturé mais plus que jamais animé des meilleures intentions, Batman s’envole avec grâce vers un avenir vidéoludique radieux.

Difficile de trouver un véritable défaut à ce Batman Arkham City qui a balayé d’un revers de main les problèmes de son aîné. On pourra pester contre les phases de recherches d’indices aussi inutiles que par le passé, la redondance de certains modes de jeu mais au final, cela aura peu d’incidence sur le plaisir qu’on éprouve à parcourir le jeu de Rocksteady. Une fois de plus, les développeurs anglais ont mis tout leur talent et leur amour du Dark Knight au service d’un grand jeu. Somptueux dans la forme, Arkham City se positionne de lui-même comme le modèle à suivre, l’exemple qu’on se devra de citer quand on évoquera le super-héros vidéoludique. Plus que jamais d’actualité, la création de Bob Kane conserve ici son immortalité.

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Lara Croft and the Guardian of Light : Lara prend de la hauteur

Bien que destiné à faire patienter les fans de Tomb Raider entre deux épisodes majeurs, Lara Croft and the Guardian of Light est loin de n’être qu’un spin-off un vite développé, vite oublié. Au contraire, le jeu d’Eidos se montre incroyablement immersif grâce à une réalisation haut de gamme et un gameplay parfaitement huilé.

Lorsqu’on jette un oeil à Lara Croft and the Guardian of Light, le premier jeu qui nous vient en tête n’est pas nécessairement Tomb Raider mais plutôt Diablo ou tout autre hack’n slash à jamais lié à la 3D isométrique. On pourra d’ailleurs s’étonner que les développeurs aient opté pour ce mode de visualisation peu compatible avec des phases de plates-formes demandant généralement pas mal de doigté et de précision. Pourtant, et pour peu qu’on ne soit pas totalement réfractaire à cet angle de caméra, on trouve très vite ses marques. En effet, la maniabilité basée sur celle des précédents épisodes, s’intègre étonnamment bien au format et les problèmes de visibilité ne sont plus que de l’histoire ancienne. De fait, on rentrera vite dans l’aventure en allant récolter artefacts et autres reliques nous permettant d’augmenter notre défense, notre vitesse, etc. Pour autant, on aurait aimé un aspect évolutif plus important surtout qu’en l’état, il est difficile de dire avec exactitude si ces items ont un réel effet. A contrario, il sera possible de récolter des améliorations de santé ou d’armes ayant, elles, un réel impact et rendant la progression plus aisée. A ce sujet, notons que deux modes de difficulté sont présents. Si le challenge est bien réel, on appréciera la volonté de Crystal Dynamics de ne pas brider le plaisir de la découverte. Ainsi, on a à disposition un système de sauvegarde automatique et de checkpoints parfaitement placés, ceux-ci n’étant ni trop nombreux, ni trop espacés et permettant toujours de ne jamais reprendre un combat trop long ou un passage trop difficile. L’équilibre entre l’action et la réflexion étant parfaitement dosé, on appréciera la bonne panoplie d’armes (lance-flammes, mitraillettes, fusil à pompe, lance-grenades…) tout en faisant travailler ses méninges. A ce sujet, retenez que la plupart des énigmes sont dans la droite lignée de celles des précédents Tomb Raider. Mécanismes à actionner, boules à pousser, timing à respecter, tout sera bon pour vous faire cogiter dans une certaine mesure.

En parallèle du mode Solo, ne proposant que Lara en tant que personnage jouable, le mode Coop (local ou online) fera intervenir le guerrier Totec et proposera des énigmes légèrement modifiées. Pas de quoi fouetter un T-Rex mais suffisamment intéressant pour reprendre l’aventure avec un.e ami.e. Ainsi, outre quelques mouvements spécifiques à l’un ou l’autre personnage, on notera une réelle complémentarité très bien exploitée. Par exemple, Lara pourra utiliser un grappin sur lequel Totec se déplacera pour passer au-dessus d’un précipice. Le guerrier, quant à lui, pourra planter des lances sur lesquelles Lara prendra appui afin d’atteindre des endroits inaccessibles. Dans le même ordre d’idées, Totec profitera d’un bouclier pour renvoyer des projectiles ou bloquer des flèches, qu’elles émanent d’adversaires ou directement de pièges multiples et variés. Un beau numéro de duettistes, donc, même s’il est étonnant que certains puzzles soient plus difficiles en Coop qu’en Solo.

Ce spin-off de Tomb Raider prouve que la franchise a encore suffisamment de recul pour proposer quelque chose de frais et original. Si dans l’absolu, le fond ne change pas vraiment, la forme, et surtout la façon d’apprécier l’univers de TR, font plaisir à voir. Bénéficiant d’une durée de vie très correcte, très abouti techniquement, Lara Croft and the Guardian of Light ne semble avoir mis aucun élément de côté d’autant qu’on a même le droit à une version française. Un plus appréciable même si le doublage se montre de moins bonne qualité que ceux des précédents épisodes. En somme, à moins d’être totalement réfractaire à ce type de jeu, il serait dommage de bouder cet excellent titre préfigurant, on imagine, de multiples suites si succès il y a.

Lara Croft and the Guardian of Light est une excellente surprise qui devrait ravir les fans tout en faisant du gringue à un public plus large. Si la vue isométrique était un pari loin d’être gagné, surtout pour un jeu avec des phases de plates-formes, le résultat est là. Beau, maniable et profitant d’une bonne complémentarité entre les modes Solo et Coop, ce spin-off marque une évolution intéressante pour la saga qui, on l’espère, donnera lieu à une suite.

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God of War III : Nom de Zeus !

Trois années, trois longues années, c’est le temps nécessaire qu’il aura fallu aux équipes de Sony Santa Monica pour offrir un fils légitime à God of War II. Ayant effacé d’un revers de main tous les jeux d’action de la PS2, nous étions en droit d’attendre la même prouesse de la part de God of War III sur PS3 mais est-ce vraiment le cas ? La réponse en l’espace de quelques mots…

En 2007, nous avions laissé le Spartiate revanchard aux portes de l’Olympe, accompagné d’une horde de Titans bien décidés à prendre l’ascendant sur Zeus. Se concluant sur un insoutenable cliffhanger, Sony avait réussi son pari en créant l’attente avant même que God of War III ne soit même évoqué. Quelques années plus tard, Kratos nous revient, toujours prompt à gravir les pans imprenables d’un domaine divin afin de réclamer son dû. Suite directe du précédent volet, le quatrième épisode de la saga fait face au passé du guerrier baignant dans la culpabilité et le sang afin de construire un avenir rédempteur. Si nous nous garderons bien de vous révéler les tenants et les aboutissants d’une telle destinée, sachez que l’histoire de Kratos se veut cette fois plus profonde. Pas de quoi prétendre à un Oscar mais bien suffisant pour prolonger une aventure débutée il y a déjà cinq ans grâce à un casting cinq étoiles constitué d’une kyrielle de divinités, alliées comme ennemies.

Ainsi, tout en rendant de vibrants hommages à des films comme Jason et les Argonautes, Le Choc des Titans ou bien encore Le Voyage Fantastique de Sinbad, God of War III entretient cette aura de mystère, de sensualité mais aussi de barbarie propre à la série. Pourtant, au-delà de l’histoire empruntant parfois des chemins dérobés, c’est une fois de plus la réalisation qui subjugue et qui fait toute la différence. Il est d’ailleurs intéressant de noter à quel point la vision du beat’em all occidental s’oppose à celle du jeu d’action japonais. Alors que ce dernier optera majoritairement pour une mise en scène ébouriffante, « clipesque », God of War III délaisse le plan rapide, le rythme effréné au profit d’un positionnement intelligent de la caméra afin de renforcer l’effet souhaité. Ceci lui offre alors une puissance insoupçonnée qui, couplée à quelques idées de génie, simples et pourtant rarement utilisées, immerge pleinement le joueur dans un univers mythologique, préalablement modernisé afin de s’adapter à un plus large public.

L’incunable relatant les cosmogonies grecques laisse sa place à un pendant vidéoludique de blockbuster hollywoodien tout en s’émancipant de ses influences afin de créer sa propre grammaire cinématographique. De fait, il est impossible de décrire avec précision ce qu’on ressent face au jeu de Sony, le décrochage de mâchoire succédant au souffle coupé du début à la fin. Se raccrochant à tous les aspects de la production, God of War III profite dès lors d’une créativité débordante synonyme de décors à la beauté enivrante, de rixes se complaisant dans une violence graphique et de morceaux de bravoure s’accumulant sans discontinuité. Pour autant, le rythme de l’aventure se veut des plus équilibrés, les développeurs ne perdant jamais de vue la narration de leur oeuvre. Passant par l’utilisation de flash-back faisant progresser le récit graphique, revenant sur des actes du passé afin d’amener des événements futurs, le titre distille avec une précision de métronome les cinématiques et séquences de jeu afin d’obtenir une parfaite stabilité. Alors que le cheminement en ressort grandi, le soft se pare d’une multitude de séquences s’efforçant de minimiser l’impression de déjà-vu.

Bien entendu, si dans l’absolu, God of War III reste un « simple » jeu d’action et propose de ce fait une surenchère d’éviscérations, on pourra s’étonner du millimétrage de la progression faisant le jeu de tous les aspects du gameplay. Phases de plates-formes, énigmes mieux pensées, échauffourées titanesques se déroulant dans des endroits pour le moins singuliers, cinématiques interactives à base de QTE, tout ceci se mélangera continuellement afin d’offrir au joueur un tout homogène évitant le piège de la redondance, ce que n’avait su faire le récent Dante’s Inferno. Qui plus est, étant à même de se reposer sur une jouabilité ayant fait ses preuves, les développeurs ont pu y intégrer quelques nouveaux éléments de gameplay. Plus ou moins convaincants, ils n’en restent pas moins présents. Si on doutera de l’intérêt de la course murale scriptée et peu intéressante (bien que permettant une offensive fulgurante), on appréciera beaucoup plus de pouvoir désormais contrer puis attaquer dans la foulée ou le fait d’avoir droit à des reliques, armes et pouvoirs inédits. A ce titre, la durée de vie se veut plus ou moins identique à celle de GoW II, notamment grâce à la recherche de coffres réclamant la tête d’Hélios, une relique permettant d’aveugler nos ennemis mais aussi et surtout de découvrir des passages secrets et de nombreux coffres cachés recelant les objets nécessaires à l’augmentation de nos barres de vie et de magie.

Notons qu’on y retrouve à nouveau les Lames du Chaos et les Gants de Zeus mais sous un autre nom. Viennent s’ajouter les griffes d’Hades synonymes d’élégantes attaques et de plusieurs invocations fantomatiques, le fouet de Némésis ou bien encore l’arc d’Apollon. Signalons à ce sujet que vous pourrez cette fois tirer autant de flèches que vous le voudrez, l’utilisation de ce dernier n’étant non plus tributaire de votre magie mais d’une jauge prévue à cet effet se remplissant une fois vidée. Pour autant, chaque arme vous permettra également de profiter d’une attaque magique pour peu que vous ayez récupéré suffisamment d’orbes. Rien ne change mais pas vraiment de raison de pester dans le sens où le gameplay était déjà terriblement efficace. Nonobstant, on reprochera tout de même aux développeurs de ne toujours pas avoir inclus des mises à mort différentes en fonction des armes ou de ne pas avoir pleinement résolu le problème du double saut se substituant parfois au vol d’Icare à cause d’une pression de bouton analogique mal gérée. De même, il est regrettable que Sony Santa Monica n’ait pas permis, à l’inverse de ce que proposait Dante’s Inferno, d’arrêter un combo en plein milieu afin d’esquiver une attaque. D’autant plus dommageable que l’esquive sera souvent mise à contribution lors d’affrontements demandant réflexes, puissance et énormément de sang-froid.

En sus, on signalera quelques soucis de visibilité, suffisamment anecdotiques toutefois pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Et dieu seul sait qu’il sera sublimé par quelques passages s’inscrivant d’ores et déjà dans le panthéon des plus belles séquences jamais vues dans un jeu vidéo. On serait presque enclin à affirmer que la rencontre avec Chronos, véritable tour de manège utilisant tous les effets de style à disposition, justifie à elle seule l’achat de God of War III. Sorte d’apothéose avant l’heure s’imbriquant parfaitement entre des combats de boss démentiels et une fin des plus remarquables, ce passage laissera assurément une marque indélébile dans votre vie de gamer. Si on ne pourra pas en dire autant des phases de vol remplaçant au pied levé celles de shoot de GoW II, celles-ci vous procureront toutefois des sensations fortes. Engoncé dans des réduits pierreux, vous devrez ainsi esquiver moult débris venant à votre rencontre tout en prenant la bonne trajectoire afin de ne pas finir votre course écrasé contre un élément du décor. Une manière comme une autre d’amener un peu plus de variété.

Gore, violent, sexy, artistiquement parfait, mû par une mise en scène remarquable et une bande-son ne comprenant aucune fausse note exception faite du doublage trop appuyé de Kratos, le nouvel opus de la saga permet à un « sous-genre narratif » de s’affirmer comme un moyen de raconter une histoire tout en nous abreuvant de séquences plus cultes les unes que les autres. Bien qu’on y trouve quelques défauts clairsemés énoncés plus haut auxquels s’ajoutent divers soucis de collisions, bugs sonores et autres actions contextuelles liées à la sauvegarde mettant du temps à s’afficher, il est difficile de ne pas encenser un tel titre et par là-même ses brillants géniteurs. God of War III maltraite son héros, le confronte à ses démons, à ses peurs et lui impose de vivre pour le meilleur…rien que pour le meilleur.

God of War s’impose à nouveau comme une des franchises d’action les plus précieuses du marché. Affichant une qualité intrinsèque indiscutable, une mise en scène époustouflante et une aventure ressemblant à un gigantesque morceau de bravoure, ce troisième épisode est une gifle à tout ce qui a été réalisé jusqu’ici en matière de beat’em all. Délaissant l’originalité au profit d’une maîtrise totale du fond et de la forme, ce segment se présente comme un maillon essentiel de la destinée de Kratos et un nouveau palier à franchir pour qui oserait taquiner la création de Sony.

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Silent Hill Shattered Memories : Le frisson est-il au rendez-vous ?

En 1999, Konami frappe un grand coup en prouvant à qui de droit que le survival-horror peut véhiculer des émotions en ne misant pas seulement sur l’action. Tristesse, colère, peur, Silent Hill, c’est un peu de tout ça, à travers une histoire sombre et mélancolique à la fois. Suivra un deuxième épisode cultissime, puis un troisième opus, sorte de conclusion au volet original. En 2010, la bourgade américaine renaît de ses cendres. Balayée par des vents incessants, ensevelie sous un lourd manteau de neige, Silent Hill accueille à nouveau Harry Mason qui va devoir une fois de plus franchir d’innombrables barrières psychologiques pour retrouver sa fille Cheryl.

Ayant été malmené sur les consoles nouvelle génération, Silent Hill aura néanmoins connu un regain d’intérêt via l’épisode Origins. Il était donc logique que Konami choisisse la société anglaise Climax, responsable de l’épisode susnommé, pour l’adaptation Wii de l’épisode originel. D’ailleurs, on ne peut pas à proprement parler de remake tant l’édition 2010 de Silent Hill s’émancipe de son aîné. Une excellente initiative, d’autant que la prise de risques peut souvent être mal perçue par les fans. De ce point de vue, Shattered Memories s’avère très équilibré, en reprenant plusieurs personnages, l’atmosphère étouffante de l’original ainsi que sa trame scénaristique. Du classique, même si on aura tôt fait de perdre pied grâce à plusieurs choix de gameplay et une structure narrative bien différente. Tout commence comme dans un vieux rêve embrumé. Harry Mason roule sur la route de Silent Hill avec sa fille à ses côtés. Survient alors l’accident. Harry s’éveille, seul, pris d’un effroi indicible.

Le reste, vous le connaissez, ou du moins, vous pensez le connaître. En effet, tout en s’appuyant sur un fil rouge connu, Shattered Memories opte pour une approche plus psychologique, à l’instar de Silent Hill 2. Toutefois, la trame scénaristique s’avère ici plus torturée tout en bénéficiant d’un cheminement pour le moins original. En effet, alors que vous avancerez dans les ruelles enneigées de la bourgade, vous serez très souvent sorti de l’action, en vous retrouvant dans le cabinet d’un psychiatre qui essaie de comprendre ce qu’il vous est arrivé. L’idée est excellente et ce pour deux raisons. Tout d’abord, elle a le mérite de déstabiliser tant ces séances de psychanalyse amènent plus de questions que de réponses. Qui est ce médecin, cherche-t-il vraiment à nous aider, existe-t-il seulement ? Le concept a l’avantage de brouiller encore un peu plus les pistes entre la réalité et la fiction (un élément central de l’original) en allant également piocher dans le cinéma de David Lynch ou des films comme L’Echelle de Jacob dont Homecoming avait également rendu hommage lors d’un de ses meilleurs passages. Si ce mystère sera élucidé lors d’un dénouement inattendu, ce parti pris a le mérite de décontenancer.

La deuxième raison découle directement des réponses que vous donnerez aux questionnaires que le médecin vous soumettra. En effet, vos choix influeront sur le rendu de Silent Hill, les rencontres que vous y ferez et, dans une moindre mesure, votre progression. Par exemple, un simple coloriage de dessin modifiera le visuel d’une bâtisse que vous trouverez sur votre chemin. Un questionnaire concernant vos cours préférés aura pour effet de vous faire passer par des endroits différents. Que vous soyez fidèle ou non en amour vous permettra de côtoyer des demoiselles extraverties ou au contraire, introverties. En somme, bien que cela ne change pas en soi le déroulement de l’histoire, le tout aura le mérite de modifier vos souvenirs et donc de rallonger la durée de vie pour qui souhaiterait vivre l’aventure de plusieurs manières. Malheureusement, Shattered Memories devra composer avec des idées beaucoup moins intéressantes. La première d’entre-elles est d’avoir purement et simplement éludé les séquences d’action. Dans l’absolu, c’est plutôt une bonne chose surtout quand on se rappelle au bon souvenir de Homecoming qui avait opté pour une approche totalement opposée et finalement hors propos. Dans la pratique, c’est déjà beaucoup moins convaincant vu que Climax a troqué les gunfights contre des courses-poursuites interminables se déroulant dans le monde altéré.

Vous devrez alors simplement faire preuve de rapidité et de dextérité pour trouver des éléments bleutés (porte, mur…) avec lesquels vous pourrez interagir. Bien que ces courses parviennent à maintenir un bon niveau de stress, elles deviennent très vite insupportables. Tout en devenant de plus en plus longues, il vous faudra également trouver les quelques fusées éclairantes disséminées ici et là pour repousser des ennemis de plus en plus nombreux. Mais ce n’est pas tout puisque pour corser la difficulté, ces parcours deviendront plus tortueux, ceci vous obligeant à consulter la map pour savoir où aller, tout en intégrant des énigmes réclamant l’utilisation de votre téléphone portable. Bref, de stressantes, elles se transformeront en parcours d’obstacles énervants et parfois très frustrants malgré un système de checkpoint. Comme je le disais plus haut, vous serez amené à user de votre mobile et ce à intervalles réguliers. Celui-ci se révélera être votre plus fidèle compagnon grâce à ses nombreuses fonctionnalités. La première vous permettra de prendre des photos de disparus, à la manière d’un Project Zero, afin d’en connaître un peu plus sur le passé de Silent Hill. D’ailleurs, cette chasse aux souvenirs perdus passera aussi par des sortes de flashs mémoriels, d’objets chargés d’histoire ou l’utilisation inopinée de numéros de téléphone que vous trouverez un peu partout. En sus, le GPS de votre téléphone sera votre meilleure arme pour retrouver facilement votre chemin, surtout lors des poursuites décrites plus haut. Un objet indispensable qui saura s’effacer devant la quantité affolante d’actions anodines qu’on vous demandera d’effectuer. Ainsi, si la recherche d’items est une composante essentielle du survival-horror, elle prend ici des allures de grand n’importe quoi.

En effet, il vous sera très souvent demandé d’ouvrir un placard, un portefeuille ou de secouer une cannette pour dénicher la clé vous permettant d’ouvrir une porte située à quelques mètres de là. On sent bien que les développeurs ont pensé leur jeu pour la Wii en maximisant les mouvements à effectuer à la Wiimote, comme pour ouvrir une fenêtre, prendre un simple objet, etc. Le problème est que le tout a été transposé sur PS2 et PSP via le déplacement d’un curseur, couplé à une touche d’action afin d’effectuer le même type de mouvements, ce qui s’avère bien plus lourd. Dans tous les cas, ces passages auront tôt fait d’agacer le joueur le plus compréhensif. Et c’est bien là le gros problème de Silent Hill Shattered Memories. Ayant rallongé sa durée de vie de façon artificielle, le titre de Climax se perd souvent dans des passages bancals avant de nous replonger dans un scénario se montrant parfois supérieur à celui d’origine. En définitive, il y a fort à parier que cette nouvelle itération horrifique ne plaira pas à tout le monde. Pourtant, on sera enclin à féliciter le développeur pour avoir délaissé la facilité afin de nous offrir une nouvelle vision de Silent Hill, certes imparfaite, mais originale et oh combien rafraîchissante.

Silent Hill Shattered Memories est un titre qui divisera. Tout en ayant habilement remanié le fond et la forme, les développeurs de Climax se sont néanmoins fourvoyés en cherchant coûte que coûte à construire leur jeu autour de quelques éléments de gameplay. Si on appréciera un scénario plus sophistiqué ou l’ambiance glaciale, en totale opposition avec celle du volet initial mais dénotant d’un malaise aussi profond, on pestera devant une plus grande linéarité et des courses-poursuites complètement loupées. Toutefois, Silent Hill reste plus que jamais une aventure dérangeante. Dommage que ce ne soit pas ici toujours dans le bon sens du terme.

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Tomb Raider Underworld : Lara touche le fond

Troisième et dernier épisode de la trilogie initiée par Crystal Dynamics, Underworld entend nous plonger dans un épisode plus sombre et lié au premier volet, dans la mouvance des précédents qui réussissaient également à mélanger grand spectacle, exploration et action dans un tout se situant à mi chemin entre Indiana Jones et James Bond.

Dans la droite lignée de Tomb Raider Anniversary, Tomb Raider Underworld s’inscrit comme l’ultime épisode d’une histoire ayant débuté il y a 12 ans et légèrement remaniée il y a peu afin de constituer quelque chose d’homogène. Ainsi, nous ne serons donc pas étonnés de retrouver la dénommée Jacqueline Natla, prétendument morte à la fin du premier Tomb Raider, mais revenant ici en grande forme et affublée d’une magnifique paire d’ailes. Après avoir fait copain copine avec cette chère Amanda, Jacqueline ne tardera pas à entraver la route de Lara à la recherche de sa mère perdue dans la mythique Avalon. Si le scénario se veut très ambitieux, il n’en demeure pas moins sous-exploité. Etrange constat d’autant que la mythologie nordique, au centre de cet opus, est synonyme de somptueux décors et de quelques trouvailles de gameplay. En somme, le principal défaut d’Underworld est d’avoir mésestimé l’importance de son script au profit du gameplay. bien que l’histoire se laisse suivre avec plaisir.

Pour autant, on a du mal à savoir d’où peut venir ce manque de finition d’autant que la jouabilité profite de petites améliorations augmentant grandement l’expérience de jeu. Bien entendu, les bases restent les mêmes que celles des deux précédents TR. Néanmoins, les développeurs ont cru bon de simplifier moult points de détail. Par exemple, Lara enjambe désormais comme une grande les plus petits obstacles qu’elle rencontre sans qu’on ait à appuyer sur une touche. Il lui est également possible d’effectuer des sauts en biais, de tirer alors qu’elle est suspendue à une poutre ou bien encore d’utiliser son grappin qui épouse maintenant l’environnement. Ainsi, si vous agrippez un élément, reculez et tournez autour d’un pilier, le grappin ne restera pas tendu mais contournera lui aussi l’obstacle. Une bonne idée afin de rendre un peu plus consistantes certaines énigmes. C’est d’ailleurs un point essentiel d’Underworld qui affiche une difficulté aussi importante qu’Anniversary. En somme, le titre se rapproche beaucoup plus de l’opus original que de Legend en cela que vous évoluerez à l’intérieur d’immenses salles à l’architecture complexe qu’il vous faudra analyser et comprendre afin de progresser.

Le fait le plus indéniable d’Underworld est donc lié à sa volonté farouche de plaire à un public très large. Cependant, retenez bien que l’exploration est plus présente que l’action. Certes, vous aurez droit à quelques gunfights, des combats contre des animaux ou monstres issus d’un lointain passé, vous aurez la possibilité d’utiliser plusieurs armes (uzi, mitraillette, fusil anesthésiant, fusil à pompe…) ou de porter des coups de pieds bien placés mais malgré tout, ces séquences tombent à plat. Qu’on se le dise, autant on prend son pied à trouver son chemin ou la solution d’un puzzle, autant on s’ennuie lors des rixes. Tout difficile qu’il est, Underworld n’en reste pas moins un jeu accessible. Si ce constat est paradoxal, il s’explique simplement par le fait que Crystal ait inclus un système d’aides plutôt ingénieux. En effet, en passant par le menu d’inventaire, où vous trouverez notamment le nombre de reliques et trésors à dénicher, vous pourrez user d’un sonar permettant d’afficher une vue en fil de fer de l’endroit où vous vous trouvez. Si l’idée est originale, elle ne sert pas à grand-chose à part dans certains cas pour visualiser une ouverture que vous n’auriez pas vu au préalable. A contrario, les aides de terrain sont plus intéressantes. Dans ce cas, vous n’aurez qu’à appuyer sur une touche afin que Lara vous dise quel est votre objectif. Si vous êtes toujours perdu, une nouvelle pression vous donnera la solution de l’énigme. Cette aide salvatrice évitera bien des crises de nerfs aux plus impatients.

Tout intéressant soit-il, ce Tomb Raider ne manque pas de problèmes. Tout d’abord, on regrettera que Crystal Dynamics n’ait pas résolu les quelques écarts de caméra qui a parfois du mal à se mettre dans la bonne position afin de nous montrer ce qui se trouve autour de nous. On devra alors se référer aux mouvements de la miss (après avoir orienté le stick dans une direction) pour savoir si on peut sauter sur un bout de corniche. Notons également de nombreux bugs (araignées bloquées dans les airs, des sortes de geckos invulnérables tournant en boucle sur un mur, écran noir, Lara disparaissant de l’écran…) entraperçus ici et là. D’ailleurs, on eut apprécié un autre système de sauvegarde, ce dernier n’ayant pas changé depuis Legend. En somme, n’oubliez surtout pas de sauvegarder manuellement votre progression afin d’éviter de devoir reprendre des niveaux entiers à cause de certains bugs. Pour terminer avec les défauts rencontrés, mentionnons des freezes de Lara (parfois en équilibre sur des poutres ou devant des éléments synonymes de jointures entre deux parties d’un obstacle) qui mettra alors une ou deux secondes avant de bouger à nouveau.

Quoi qu’il en soit, malgré ses bugs, auxquels on rajoutera de gros ralentissements sur PS3 lorsque le jeu doit afficher plusieurs ennemis à l’écran, Tomb Raider Underworld arrive à sortir la tête de l’eau grâce à son level design torturé et sa longévité similaire à celle d’Anniversary. Il serait également hypocrite de ne pas mettre en avant les efforts des devs même si ceux-ci ne sont pas toujours payants. Je pense ici à la montée d’adrénaline que vous pourrez mettre à profit pour ralentir le temps et ainsi shooter plus facilement vos ennemis. Un grand classique qu’on utilise peu dans le cas présent vu que les affrontements se règlent vite fait bien fait. Du coup, cette technique vaudra davantage pour les mouvements stylés de Lara que pour son efficacité. A l’inverse, le fait d’avoir intégré la moto tout au long du stage du Mexique, à l’image de ce qui avait été fait dans Tomb Raider 3, est beaucoup plus réussi que les phases similaires de Legend. Finalement, on en vient à se dire qu’avec du temps supplémentaire, Underworld aurait pu éviter la plupart des reproches qu’on lui fait. Malheureusement, il restera un cran en dessous d’Anniversary malgré ses indéniables qualités et son orientation exploration extrêmement satisfaisante pour l’aventurier rompu à cet exercice depuis 1996.

Tomb Raider Underworld se pose comme un bon jeu bien qu’accumulant quelques bugs gênants et divers défauts de gameplay. Le titre de Crystal Dynamics n’en reste pas moins très abordable. Malgré ces soucis, ce volet s’avère fort plaisant grâce à son level-design aussi torturé que celui du TR original, sa plus grande accessibilité, son ambiance enchanteresse et une volonté de terminer en beauté une trilogie en revenant aux sources de la saga.

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007 Quantum of Solace : Permis de tirer

Bien que James Bond n’ait pas vraiment réussi sa mission sur New Gen et PC, la Reine mère l’a malgré tout mandaté sur PS2 pour reprendre du service. De FPS, nous passons ici à un jeu de tir à la troisième personne orchestré par Eurocom. Marchant dans les pas de l’honorable Bons Baisers de Russie, 007 Quantum of Solace fait un Bond dans le passé afin d’offrir des sensations similaires à celles que nous avions ressenties avec l’excellent Quitte ou Double.

Casino Royale aura marqué une étape charnière dans la carrière cinématographique de James Bond. Faisant table rase du passé, optant pour un Bond plus humain, confronté à de vrais choix personnels, l’agent 007 aura réussi son retour sous les traits d’un Daniel Craig charismatique. Ce virement à 180° aura totalement réussi au personnage et alors que les spectateurs savouraient cette relecture du mythe, les joueurs, eux, se sentaient quelque peu orphelins. Il faut en effet se rappeler qu’entre le moment où Activision a récupéré la licence James Bond et la sortie de 007 Quantum of Solace, il se sera écoulé un peu plus de deux ans. Mais qu’à cela ne tienne, le Bond nouveau est là. Avant de rentrer dans le vif du sujet, signalons dès à présent que malgré son nom, les 11 chapitres constituant l’aventure s’inspirent davantage de Casino Royale. De fait, on pourra trouver relativement maladroit ce choix de titre, d’autant que les films se mélangent et que l’ultime niveau renvoie à la fin de Quantum of Solace.

Du coup, l’histoire pourra sembler légèrement fouillie si vous n’avez pas vu les deux dernières aventures de James, sachant que la mise en scène peu inspirée n’aide pas vraiment le joueur à se sentir concerné. Toutefois, Eurocom a tout de même inclus les scènes les plus marquantes de Casino Royale. Cependant, malgré quelques exceptions, on constate vite que Quantum of Solace est un TPS plutôt mou du genou, surtout au regard des titres évoqués dans l’introduction. Loin d’être injouable, le jeu manque cependant de vraie montée en puissance. Ainsi, afin de dynamiser un peu la progression, les développeurs ont inclus quelques passages sensés apporter un peu d’originalité, synonyme de piratage de portes ou d’infiltration. Malheureusement, le challenge étant totalement absent, on s’en lasse rapidement. Toutefois, les séquences d’infiltration sont beaucoup plus importantes que dans le FPS de Treyarch. D’ailleurs, il sera obligatoire à certains moments de privilégier l’approche furtive sous peine de Game Over. Ainsi, pour passer inaperçu, vous pourrez vous planquer derrière des éléments du décor en vous mettant accroupi. Dans cette position, il sera alors possible d’avancer à tâtons et d’éliminer en silence vos adversaires en tirant à couvert.

Souple, la jouabilité deviendra carrément simpliste lorsque vous devrez passer d’une cachette à une autre. Pour ce faire, il suffira alors de presser un bouton afin que James fasse un immense pas de côté, ou vers l’avant, et aille se planquer de lui-même. Résultat des courses : les niveaux se terminent rapidement (comptez sur 5 à 6 heures pour boucler l’aventure) et sans être désagréables, ils n’en restent pas moins basiques et très linéaires. L’intérêt viendra alors du fait qu’on retrouve les environnements du film (docks haïtiens, chantier de construction…) et qu’il faudra parfois utiliser ses neurones pour interagir avec les quelques éléments interactifs du décor afin de distraire les gardes. Cependant, le coeur du jeu reste ses gunfights, bien nerveux en règle générale bien que simplement basés sur une quantité phénoménale d’ennemis à abattre. Néanmoins, dans son ensemble, Quantum of Solace ne s’en sort pas trop mal, grâce à une maniabilité des plus correctes et des combats au corps-à-corps apportant un peu de fraîcheur.

Pourtant, on est loin des empoignades musclées de La Mémoire Dans la Peau et comme notre santé a tendance à vite baisser sous le feu ennemi, on évitera la plupart du temps de recourir à ces techniques. D’autant plus vrai qu’à part les combats scriptés (réclamant des actions contextuelles), les affrontements mano à mano ne réclameront qu’une pression sur un bouton afin de donner un coup de poing. Pire, les attaques furtives s’effectueront automatiquement, sans que vous n’ayez rien à faire, une fois que vous serez suffisamment proche d’un ennemi. Quoiqu’il en soit, le jeu reste trop facile, du moins en Normal. Ceci est dû en grande partie au système de couverture. En somme, celui-ci s’avère trop efficace vu que lorsque vous serez en difficulté, vous n’aurez qu’à vous planquer derrière un élément du décor, attendre que votre vie remonte, viser un ennemi (ou un objet comme une bonbonne, un extincteur, un tableau électrique), puis l’aligner. Ceci dit, on déplorera parfois que la visée ait quelques ratés. Bien entendu, si vous tirez à l’aveuglette, il vous arrivera de manquer votre cible. Par contre, cela est beaucoup plus frustrant lorsque vous êtes en mode Visée. Heureusement, vos adversaires n’essaieront pas vraiment de vous déborder, ceux-ci préférant vous foncer dessus directement, ce constat contribuant à nouveau à réduire la difficulté du titre.

Au bout du compte, le titre d’Eurocom n’est pas un mauvais jeu mais il n’essaie jamais d’apporter un peu de sang neuf au genre. Ceci se ressent à presque tous les niveaux, du level-design sans âme au gameplay efficace mais usé jusqu’à la corde. De plus, difficile de ne pas comparer ce titre à Quitte ou Double, bien supérieur alors qu’il est sorti il y a quatre ans. On regrettera d’ailleurs que les développeurs n’aient pas inclus de passages en véhicules ou plus d’originalité par moments. Mentionnons également que la rejouabilité est très limitée d’autant plus qu’il n’y a pas la moindre trace de Multijoueur. Enfin, le prix de 40 euros s’avère trop excessif, ce qui m’incitera à vous recommander de le prendre plutôt en occasion.

Tout en suivant le fil conducteur du FPS de Treyarch, Eurocom aura préféré opter pour un TPS. En résulte un titre loin d’être mauvais mais qu’on survolera rapidement en alignant phases d’infiltration et gunfights devenant très vite redondants à cause d’un level design quelconque et d’un manque d’ambition dans les situations.

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God of War II : Divine Retribution – Kratos s’en va en guerre

Aussi tenace, brave et entraîné que les 300 spartiates de Leonidas réunis, Kratos nous revient, plus que déterminé que jamais à régler ses comptes avec l’Olympe. Zeus peut commencer à trembler car le Spartiate n’a rien perdu de sa fougue, bien au contraire.

God Of War s’est naturellement imposé comme un chef-d’œuvre incisif et survolté dans le domaine du beat’em all. Aussi percutant qu’une bonne droite dans la figure, l’oeuvre de Sony Santa Monica laissa plus d’un joueur groggy. God Of War II aura pris son temps pour nous arriver et à la vue du résultat final, on ne peut que louer PlayStation d’avoir laissé le temps aux développeurs de concevoir le jeu qu’ils avaient en tête. Oui, God Of War II reprend ce qui a été réalisé dans le premier épisode, sa construction étant claquée sur celle de son aîné, mais la maestria des programmeurs, designers et scénaristes a permis d’iconiser encore plus le héros revanchard. God Of War II est une fabuleuse extension et si derrière les paravents de la nouveauté pointent des réminiscences du précédent volet, la beauté des décors et le gameplay gagnant en brutalité confinent une fois de plus au génie. La surprise s’efface mais laissera malgré tout le joueur médusé par tant de richesse. Divine Retribution se veut plus violent que son grand frère mais aussi et surtout plus ambitieux en termes d’inventivité, de level design mais également d’un point de vue scénaristique.

Sans vous révéler les tenants et aboutissants du scénario, sachez que cet opus nous narre le combat épique de Kratos qui défie le roi des dieux, Zeus lui-même. Si la quête du spartiate le mènera au centre de la Terre et aux confins du temps, on ne peut nier que la longévité du soft reste toujours aussi relative. A peine plus long que God Of War, il vous faudra compter sur une dizaine d’heures pour voir le bout de l’aventure se payant le luxe de se clôturer sur un des plans les plus frustrants de l’histoire du jeu vidéo. Malgré cette durée de vie rachitique, la progression, qui bénéficie à nouveau d’une absence de temps de chargements, se veut encore plus limpide et bien plus éclectique en terme de phases de jeux.

Si l’aspect beat’em all se taille la part du lion, il faut tout de même rendre hommage aux développeurs qui ont réussi à y inclure de façon très naturelle deux phases de shoot’em up durant lesquelles vous aurez le plaisir de virevolter dans les airs à dos de Pegase. En sus, on retiendra également un level-design mettant souvent en avant la nouvelle aptitude du spartiate lui permettant de s’accrocher au plafond, ainsi que les ailes d’Icare synonymes de vol plané. Malheureusement, il faut avouer que la jouabilité associée à cet élément est assez chaotique dans le sens où le double saut et le vol plané utilisent la même touche. Si pour planer, il suffira de presser une fois et de laisser appuyer la touche Saut, le tout est bien trop sensible et il arrive très souvent qu’on plane alors qu’on a décidé de réaliser un double saut. Une erreur de concept, d’autant qu’il eut été très aisé de pallier à ce problème en optant pour une combinaison de deux touches par exemple. Pour rester dans les nouveautés, outre la panoplie d’armes inédites (marteau, lance) auxquelles viennent se greffer quelques anciennes (arc, lames d’Athéna) et de sorts magiques, qui peuvent gagner en puissance grâce aux orbes rouges, on a désormais la possibilité de s’accrocher à certains bouts du décor ou de ralentir le temps. J’évoque simultanément ces aspects car ces deux techniques sont parfois mises à contribution lors de phases de plates-formes chronométrées.

Tout ceci concourt donc à insuffler à God Of War II une dimension plus variée à défaut d’être plus ouverte. Ainsi, malgré une liberté d’action cadenassée par une avancée linéaire et des scènes démentielles s’enchaînant à intervalle régulier, on ne peut qu’adhérer aux propos des développeurs qui ont préféré opter pour un soft dirigiste mais synonyme de vision plus hollywoodienne. De fait, les actions contextuelles abondent encore plus que par le passé, aussi bien durant les combats que durant certains passages amenés par le scénario. En outre, l’utilisation desdites actions renvoient plus que jamais au cinéma de John « Conan le barbare » Milius ou plus récemment celui de Zack « 300 » Snyder en privilégiant la fulgurance des coups et la barbarie du héros qui n’hésite jamais à couper du membre pour s’ouvrir une voie royale. Si je l’ai mentionné plus haut, je me réserve le droit de revenir sur le côté artistique du jeu qui sonne comme le dernier pied de nez de la PS2 aux récentes Xbox 360 et PS3. Si God Of War avait déjà clairement défini une charte graphique irréprochable, le second volet va encore plus loin en multipliant quelques-uns des plus beaux plans du jeu vidéo.

La fragilité de certains décors, la finesse quasi angélique de fresques dépeignant des villes exsangues, piétinées par les dieux, l’ancien combat des Titans face à Zeus relayé par des cinématiques en CGI d’une beauté à couper le souffle, rien n’est laissé au hasard. Ces traits, ces lignes gracieuses, ces aquarelles soyeuses offrent à GoW II une véritable identité graphique et si il convient de nuancer le tout (l’aliasing étant omniprésent durant les cinématiques utilisant le moteur de jeu), nul doute que nous tenons là une véritable oeuvre d’art. On émettra tout de même un léger bémol concernant les boss, plus nombreux qu’auparavant mais moins impressionnants et surtout très faciles à battre. Ceci vient peut-être aussi du fait que Kratos est plus tenace que jamais, tout auréolé d’une nouvelle puissance divine (le pendant de la Rage des dieux du premier GoW) lui permettant de disposer d’un regain de puissance durant quelques secondes. Pour battre la cadence, le jeu se pare également d’une bande-son absolument fabuleuse, les compositions guerrières étant temporisées par des plages plus douces lors des phases d’exploration. Le doublage français, jouissant d’une bonne direction pour éviter tout débordement vocal disgracieux, apporte la touche finale et délègue une once de charisme supplémentaire à notre héros ainsi qu’aux personnages gravitant autour de lui.

En substance, God Of War II innove peu même s’il s’est évertué à injecter du sang neuf. Pourtant cette stagnation dans la narration et la construction ne fait pas d’ombre à un titre plus vigoureux et féroce. Il va sans dire qu’au-delà de l’impression de déjà-vu, celle de parcourir un chef-d’oeuvre prévaut et nous étreint un peu plus à mesure qu’on évince nos ennemis ou qu’on s’abreuve de paysages à la beauté crépusculaire. Pour conclure, on saluera aussi des énigmes dont la quantité et la qualité ont été revues à la hausse ainsi qu’une difficulté parfaitement gérée, exception faite des boss mentionnés plus avant, pas assez « challengeants ». Il ne reste plus qu’à suivre le fil d’Ariane pour voir ce que l’avenir nous réserve mais gageons qu’il sera fait de calmes olympiens et de batailles homériques.

God Of War II est un jeu qui suscite le désir à mesure qu’on avance tout en faisant redouter au joueur d’arriver à la fin. De cet hédonisme naît ainsi un paradoxe qui veut qu’on progresse toujours plus rapidement tant le plaisir de la découverte est intense tout en réfrénant ses ardeurs de peur d’assister trop hâtivement à la conclusion d’un des plus grands beat’em all jamais créés. Magistral et définitif, GoW II n’est rien de moins qu’un idéal de jeu d’action.

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Ghost Rider : Y’a comme un os !

S’engouffrant dans la vague des beat’em all, genre très présent sur PS2, Ghost Rider s’inspire grandement du God of War de Sony Santa Monica. Toutefois, il ne parvient jamais à sa hauteur malgrés les possibilités du héros et un gameplay pas si inintéressant que ça.

Ghost Rider est un immense patchwork des plus gros hits d’action de ces dernières années sur consoles 128 bits. En piochant des idées graphiques, de mise en scène et de gameplay à leurs petits camarades, Climax s’est évertué à recycler pour pondre leur propre bébé. Toutefois, le jeu manque diablement de punch, malgré le dynamisme de ses combats, les deux types de gameplay proposés et une histoire originale s’appuyant sur les comics d’origine.

Ghost Rider s’articule donc autour de deux gameplays différents. Le premier vous invite à diriger Johnny Blaze, alias Ghost Rider, dans des phases à pied. Criblé de désarroi, rongé par le démon, notre tête brûlée va alors devoir enchaîner les niveaux afin d’aller sauver sa promise menacée par Mephisto, le roi des enfers. Ici, rien de bien particulier puisqu’avec une précision de métronome, on nous fait affronter des hordes de démons jusqu’à la zone suivante. Le hic est qu’après une heure de jeu, on ne ressent absolument plus rien en envoyant ad padres nos adversaires. Pourtant, les combats sont pêchus et le fait de pouvoir utiliser plusieurs mouvements (à débloquer en récoltant des orbes), un fusil à pompe ou deux pouvoirs spéciaux (le premier éliminant tous les ennemis alentours, le second boostant vos capacités d’attaque et de défense), augmente l’intérêt des joutes. Il aurait suffit d’un peu plus d’ambition dans la façon d’aborder les combats, et a fortiori le jeu, pour que le tout décolle. Au lieu de ça, la longueur des affrontements dérange et la seule idée prétendument salvatrice se résume à insérer quelques stages à moto ici et là.

Une fois démarrée votre trottinette démoniaque, il ne faudra plus lâcher l’accélérateur sous peine de finir dans un ravin, un mur ou de se prendre un ennemi en pleine face. Le gameplay se résume à glisser, pour éviter des barricades ou tout autre obstacle, et sauter au dessus des précipices. Malheureusement, si l’impression de vitesse est honnête, et qu’on essaie de dynamiser le tout avec un mélange de course et d’action, le ressenti global est exactement le même qu’avec les phases à pied. Les premiers coups de pédale sont pleins de promesses, les checkpoints nous évitent de nous retaper des courses assez longuettes mais après trois ou quatre stages du même type, on finit par se lasser, la mollesse de la réalisation y étant pour beaucoup. Comme je le précisais quelques lignes plus haut, on pourra bien shooter les ennemis jonchant le parcours ou utiliser notre chaîne pour combattre à la manière d’un Ben Hur mais ceci ne suffit pas à relancer la machine et à éviter une grande redondance entre les niveaux.

Ghost Rider n’est pourtant pas un si mauvais jeu, les bonus à débloquer (comics, vidéos) sont sympathiques mais la réalisation très scolaire fatigue et lasse. A force de trop vouloir singer ses concurrents directs, Climax a oublié de soigner sa progression et le résultat saute aux yeux passées une ou deux heures. A ce sujet, sachez que la difficulté du titre pourra être variable en fonction du mode choisi : Facile, Normal ou Difficile. Cependant, la régénération du Ghost Rider (à l’aide de flambeaux disséminés ici et là) reste moyennement convaincante. On eut préféré que les développeurs optent pour le système d’orbes de Devil May Cry. Une raison de plus pour vous demander si vous avez quelques heures à perdre avec ce jeu d’autant que les concurrents de qualité ne manquent pas sur la machine.

Ghost Rider appâte le chaland mais n’arrive pas à le retenir. Profitant d’une réalisation correcte et de quelques idées sympathiques, à défaut d’être originales, le jeu de Climax est parfaitement calibré mais a complètement oublié de varier sa progression s’enlisant dans une redondance qui finira par lasser le plus Blazé d’entre vous.

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Lara Croft : Tomb Raider – Le Berceau De La Vie – Bis repetita

Fort des 400 millions de bénéfices amassés grâce au premier Tomb Raider, la Paramount nous offre un second volet un an quasiment jour pour jour après le premier opus. Simon West se voit remplacé par Jan De Bont (le désopilant Hantise, l’honorable Twister et le Bullockesque Speed) et les acteurs principaux rempilent à l’image de (la) Jolie Angelina et de ses deux acolytes, Noah Taylor (Bryce) et Chris Barrie (Hillary).

Sans grande surprise, on retrouve ici ce mélange d’humour et d’action qui n’avait pas vraiment mis en valeur le premier épisode. Alors que De Bont et Jolie s’évertuent à nous assurer que le personnage de Lara a gagné en profondeur, on a bien du mal à ne pas faire preuve de scepticisme à mesure que l’histoire progresse. Cette fois, il y est question de la Boîte de Pandore qui est convoitée par les triades chinoises et un certain docteur Jonathan Reiss. Il n’en faudra pas moins pour que notre aventurière pleine de charme parcourt le pays de Galles, le Kazakhstan, la Chine, la Grèce ou bien encore l’Afrique. Ce qui ressort le plus de ce Berceau De La Vie tient au statut de la belle qui de simple archéologue un brin turbulente passe au rang de super-héroïne. Rien ne lui est impossible et surtout pas le fait de survoler Hong-Kong en parachute, faire de la moto sur la Grande Muraille de Chine, descendre une falaise abrupte la tête la première ou assommer un requin avec un simple coup de poing, séquence culte issue de l’une des cinématiques du deuxième jeu.

A l’instar de James Bond, Lara Croft ne recule devant rien et toutes ses acrobaties participent à son statut d’icône. Cet aspect est d’autant plus vrai qu’il est le reflet des jeux vidéo dont moult scènes sont ici reprises, sans oublier les emprunts fréquents à la série Indiana Jones. Ainsi, la rencontre entre Lara et le MI-6 est un fac-similé de celle du professeur Jones et des services secrets dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue et la séquence dans le bateau fait écho au face-à-face entre Indy et Marion. De Bont ne s’arrête pas là puisque le gunfight se déroulant dans un immeuble de Hong-Kong singe celui de Piège de Cristal (qui lui-même rendait hommage au Hard Boiled de John Woo), sans la maîtrise de John McTiernan. Certains diront que ce n’est finalement qu’un juste retour des choses quand on sait que les jeux, eux-mêmes, étaient fortement influencés par leurs modèles cinématographiques. Toutefois, il aurait été, ici, bienvenu de s’affranchir un peu plus de ces influences afin de se trouver une vraie personnalité.

Pour autant, le film se veut plus dense (et plus long) que le premier long-métrage malgré un scénario plus mince. La relation Lara/Terry est d’une banalité affligeante, les longueurs s’enchaînent et au final Le Berceau De La Vie a bien du mal à combler le vide entre les scènes d’action émaillant le périple de l’aventurière. On pourra aussi s’amuser à chercher les incohérences à l’image de cette scène durant laquelle les amis de miss Croft arrivent en hélicoptère au-dessus de l’endroit où se trouve la Boîte de Pandore alors que la belle a dû subir les assauts de terribles gardiens en faisant le chemin à pied. Restent quelques matte painting et des effets spéciaux maîtrisés permettant de créer l’illusion mais n’en faisant pas pour autant un film recommandable, qu’on aime ou non la série de jeux vidéo.

Ressemblant davantage à un épisode de Sydney Fox qu’à une adaptation de Tomb Raider, Le Berceau de la Vie échoue lui aussi à offrir à l’aventurière un périple à sa hauteur. Long, vide et ne réussissant qu’à offrir une poignée de séquences sympathiques et une bonne louchée de fan service, le film de Jan de Bont, à l’image de son prédécesseur, ne semble pas avoir réussi à trouver le juste milieu entre la note d’intention à destination des amoureux de la licence et le film épique qu’il aurait pu être.